Jeunes : exportez-vous !

jérémie Kopaniak

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Le diplôme en poche, la vie devant soi et le passeport presque neuf, certains jeunes diplômés font le pari d'une première expérience professionnelle à l'étranger. Rencontrant des difficultés pour trouver un travail en France, ils n'hésitent pas à sauter le pas malgré un CV vierge. La Chine, l'Europe centrale, nombre de pays émergents attirent les diplômés français, qui y voient plus de perspectives que chez eux. Que ce soit en volontariat international en entreprise pour des contrats d'un an, via les syndicats d'initiative des pays en question, ou par un départ personnel, l'aventure ouvre de nouveaux horizons dans un climat de crise.

« Opportunité de VIE »
« Je me suis dit : ça ne peut pas être pire qu'en France », explique Laura, 25 ans, psychologue à Singapour. « En France, il n'y avait que des jobs précaires payés au lance-pierre. J'ai donc décidé de venir ici. Je n'avais aucune touche et en quelques semaines j'ai trouvé le job de mes rêves. » Elle a rejoint Pascal, son fiancé, diplômé en finances, qui lui non plus ne trouvait pas de travail en France. « Il a eu une opportunité de VIE dans une banque à Singapour alors que tous ses amis galéraient à Paris. »
Pour eux, c'était l'aventure, pour d'autres c'est une continuité après les études. C'est le cas de Nicolas, 30 ans, chef d'entreprise à Prague. « Ma première expérience à l'étranger était un stage, pendant mes études. » A L'issue de son stage, la société lui propose de l'engager. Il restera plusieurs années avant de créer son entreprise… mais pas question de bouger. « J'ai toujours été attiré par l'Europe centrale. Mon frère m'a rejoint ici et nous avons monté notre société. Au début, nous avions une entité française et une tchèque. Mais la française nous coûtait tellement en charge et en temps pour gérer l'administratif. On l'a donc fermée au bout de neuf mois. »

Les globe-trotteurs du travail
Les lourdeurs administratives sont un autre argument pour les globe-trotteurs du travail. Mais pas le seul. Le goût de l'aventure et la découverte d'une culture peuvent aussi convaincre de se jeter à l'eau. Outre les opportunités, c'est l'état d'esprit qui séduit les expatriés. « A Paris, à 23 ans, tout juste diplômée, j'étais juste bonne pour un mi-temps ou un stage, précise Laura. Ici à Singapour, on m'a confié des responsabilités, j'ai donné des conférences… ».
Tout n'est pas rose, bien sûr, mais l'étranger attire de plus en plus de jeunes diplômés. « Ici, il en arrive de pleins bateaux tous les mois », s'amuse Laura.