Les libéraux de l'UMP ont le blues

Alexandre Sulzer

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Pour Hervé Mariton, on « peut être à la fois favorable à la liberté des échanges et patriote du point de vue économique ».
Pour Hervé Mariton, on « peut être à la fois favorable à la liberté des échanges et patriote du point de vue économique ». —

Depuis plus d'une semaine, bon nombre de responsables UMP expriment des réserves sur la stratégie droitière de Nicolas Sarkozy. Mais un autre malaise est moins médiatisé : celui des libéraux. A l'heure où Nicolas Sarkozy remet la « frontière » au cœur de son programme et assure ne pas vouloir « laisser la France se diluer dans la mondialisation », les tenants du libre-échange se sentent orphelins. « C'est évident qu'il est en pleine démagogie », raille un député UMP issu de la famille libérale. Mais comme d'autres, il temporise : « La bataille est perdue et comme vous le savez, il y aura une recomposition de la droite. » Les règlements de comptes interviendront donc après le 6 mai. En attendant, la solidarité de camp prévaut. « Est-ce que j'aurais préféré que Nicolas Sarkozy porte d'autres options dans la campagne ? Oui. Mais il est le candidat de l'ensemble de la droite, je le soutiens », confirme un autre député, poids lourd de la majorité.

« Le Buy European Act, c'est du pipeau »
Pour lui, la proposition d'un Buy European Act, qui consiste à préserver l'accès des marchés publics aux entreprises qui produisent en Europe, « c'est du pipeau ». « Ce n'est pas d'un caractère opérationnel évident. Il y a une volonté illusoire de concilier la France du oui et du non. » Le député Hervé Mariton, lui, veut croire qu'on « peut être à la fois favorable à la liberté des échanges et patriote du point de vue économique ». Concrètement, quand on en vient aux propositions du candidat UMP, l'élu de la Drôme se montre favorable à des mesures de protection si « elles sont transitoires et tendent vers plus de réciprocité et de transparence ». « Nous sommes dans une phase de conclusion de période électorale. Tout cela demande à être précisé, amendé. » Pour l'enthousiasme, on repassera. « Nous n'avons pas réussi à nous imposer dans la campagne, constate, amer, le député Elie Aboud. Ça me chagrine. Mais je peux tout excuser à Nicolas Sarkozy. Parce qu'il y a urgence à ne pas laisser la clé de la voiture France à François Hollande, qui nous conduira dans le mur.  »