Le 1er mai, « c'est la fête des syndicalistes »

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François Hollande salue la foule venue écouter son discours mardi à Nevers (Nièvre).
François Hollande salue la foule venue écouter son discours mardi à Nevers (Nièvre). —

Jouer le contrepoint. Pendant que les principaux acteurs de la présidentielle (Mélenchon, Le Pen, Sarkozy) participent à des rassemblements du 1er Mai à Paris, François Hollande se recueille devant la tombe de l'ancien Premier ministre, Pierre Bérégovoy. Avant d'être happé par les centaines de partisans qui l'attendent à la sortie du cimetière. « François, président ! », clame la foule. « Pour cela, il faudra attendre, dimanche », sourit le candidat socialiste. Dix-neuf ans jour pour jour après le suicide de « Béré », la politique reprend vite ses droits. Une scène a été montée devant le palais ducal de Nevers (Nièvre). Hollande monte à la tribune et tempête contre le rassemblement de Sarkozy, au Trocadéro. « La Fête du travail, c'est la fête des syndicalistes et je n'accepterais pas qu'ici, en France, le 1er Mai soit utilisé contre le syndicalisme », lance-t-il après avoir rappelé le parcours de Pierre Bérégovoy, ouvrier devenu ministre de confiance de François Mitterrand.

Il imagine l'après
Hollande parle du travail et dessine, en creux, son bilan des années Sarkozy, un réquisitoire qu'il veut exposer au candidat UMP, ce mercredi, lors du débat télévisé. « Il cède encore une fois à sa tentation d'opposer les uns aux autres, les travailleurs aux chômeurs, les travailleurs français aux étrangers. […] Je n'accepterai pas qu'il s'arroge la valeur travail. », déclare le candidat PS. La foule réagit. Un homme agite un drapeau du Front de gauche. Après plus d'un an de campagne, il ne reste plus que quatre jours et un débat télévisé sur la route de l'Elysée de Hollande. Lui imagine l'après. « Demain, le prochain président devra rassembler car le pays est fatigué par ce qu'il lui est arrivé depuis cinq ans […], le pays est fragmenté. Il demande de la réconciliation, de l'apaisement », détaille le socialiste avant de placer son parcours dans la lignée de deux autres présidents, Jacques Chirac et François Mitterrand. « Je me suis fixé un objectif : être le deuxième président de Corrèze et être enfin le successeur de François Mitterrand. » Pour cela, il faudra d'abord battre le président-sortant, ancien chantre de la rupture.