« Servez la France »

Alexandre Sulzer

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« Il reste trois jours pour gagner  », a rappelé Nicolas Sarkozy, mardi au Trocadéro, à Paris.
« Il reste trois jours pour gagner  », a rappelé Nicolas Sarkozy, mardi au Trocadéro, à Paris. —

Et la France qui ne fête habituellement pas le travail le 1er Mai sortit dans la rue. Mardi, Nicolas Sarkozy a organisé « sa vraie Fête du travail » en forme de réplique au traditionnel cortège syndical. Devant une marée de drapeaux tricolores et la tour Eiffel – « symbole fort du travail » pour Nadine Morano –, le candidat UMP a lancé un appel en direction des syndicats qu'il a conspués au cours des dernières semaines : « Posez le drapeau rouge et servez la France. » Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy a plaidé pour « un nouveau modèle social », sur la base de ses propositions, et a revendiqué un droit à parler au nom des travailleurs, retrouvant des échos de sa campagne de 2007. « La France du travail n'a pas à s'excuser pour son patrimoine, son mérite. Ce qu'elle possède, la France du travail, elle l'a gagné », clame-t-il, soulevant l'enthousiasme de dizaines de milliers de sympathisants.
Parmi eux, Catherine, 72 ans, retraitée. « Enfin, je suis femme de marin, je n'ai jamais travaillé. » Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un avis sur le « vrai travail » : « Il faut donner envie d'entreprendre, pas de vivre sur le dos des Assedic. » Plus loin, Gustave, professeur de médecine, est conquis. Fonctionnaire, il ne se sent pourtant pas visé par les récentes attaques de Nicolas Sarkozy contre les salariés qui profitent d'un statut. « Moi, je ne suis pas protégé. Dans mon service, il y a des gens qui travaillent 35 heures et d'autres, comme moi, qui en bossent 50. C'est un problème ! »
A ses côtés, Maxime, 24 ans, étudiant dans une école de commerce parisienne, a trouvé Nicolas Sarkozy « inspiré ». « C'est le meilleur pour parler du travail, une valeur pas forcément de droite. » Mais il reste « mitigé » sur les portées d'un discours dans lequel aucune nouvelle proposition n'est faite. Et de fait, la manifestation du Trocadéro a surtout été une démonstration de force et un appel à la mobilisation. « Il reste trois jours pour expliquer, (...) pour gagner », conclut Nicolas Sarkozy. Maxime quitte la place et glisse, en référence au débat : « C'est demain qu'il pourra faire la différence. »