Comment ils se sont préparés

Matthieu Goar et Alexandre Sulzer

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Le débat, diffusé par TF1 et France 2 mais aussi par les chaînes d'infos, pourrait battre des records d'audience.
Le débat, diffusé par TF1 et France 2 mais aussi par les chaînes d'infos, pourrait battre des records d'audience. —

«Ce ne doit pas être un combat de boxe. » En une phrase, mardi, François Hollande a résumé la petite musique que le PS fait résonner au sujet du débat télévisé de ce mercredi. « Nous sommes prêts à une confrontation sur les idées. Lui [Nicolas Sarkozy] fait tout pour organiser un pugilat, une baston », explique Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de Hollande.
Premier objectif du candidat PS lors de cette joute : confronter le président sortant à son bilan. Pour peaufiner son réquisitoire, le candidat PS n'a rien changé à ses habitudes. Il a demandé à ses principaux collaborateurs de lui écrire des notes sur de nombreux thèmes, « certaines plus précises qu'à l'accoutumée », selon un proche. Même son de cloche à droite. « Quand vous allez aux JO, vous ne vous préparez pas la veille ou l'avant-veille. » Selon le conseiller communication Franck Louvrier, « cela fait des semaines que l'équipe envoie en permanence des notes à Nicolas Sarkozy. Il en a également sur son adversaire. » Au diapason avec le PS, l'UMP assure que le débat se fera sur les idées. A droite comme à gauche, l'idée d'un « sparring-partner » qui jouerait le rôle de l'adversaire avec chacun des deux candidats est récusée. Pour autant, aucun camp ne prétend arriver les mains dans les poches. François Hollande a aménagé deux jours plus allégés dans son agenda lundi et mercredi pour compulser ses notes. Il profite également de ses heures perdues dans les transports. Nicolas Sarkozy a sanctuarisé sa journée de mercredi. « Il sera à son domicile du 16e arrondissement où il recevra son directeur de campagne, Guillaume Lambert, et passera quelques coups de fil », glisse Franck Louvrier. Il indique que le candidat UMP ne visionnera pas les anciens débats présidentiels, ni ceux qui l'ont déjà opposé à François Hollande. Celui-ci a, en revanche, un DVD avec l'intégralité des débats d'entre-deux tours. Le candidat PS sera-t-il plus offensif que lors des débats des primaires ? Pas sûr. « François, c'est un candidat anti-risque », résume Michel Sapin, son conseiller économique. Nicolas Sarkozy le sait, lui, qui ne cesse de répéter qu'il va aller le « débusquer ». « Je sais déjà sur quoi il va m'attaquer lors du débat : la burqa, le nucléaire, les classes moyennes, les impôts, les peines-plancher », confiait récemment Hollande. Hier, Jean-François Copé avertissait : « La chasse à l'anguille est ouverte. »