L'émission peut-elle avoir un impact sur le résultat ?

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C'est l'heure du « choc » de cet entre-deux-tours. Choc des personnalités, mais aussi des projets, espèrent les deux camps. Nicolas Sarkozy en réclamait trois, au nom de la « transparence » et François Hollande n'en souhaitait qu'un, conformément à la « tradition ». C'est même l'un des rites de la Ve République, attendu par une large majorité des Français, qui devraient être largement plus que 20 millions devant leurs télés ou leurs radios.
Mais ce débat peut-il renverser la vapeur d'une élection annoncée comme gagnée par François Hollande ? « Oui », affirme Valérie Pécresse, tout comme Alain Juppé pour qui il sera « crucial ». Ce moment ne sera « pas décisif », assure de son côté François Hollande, dans la peau du favori. Pour lui, il s'agira d'asseoir sa crédibilité et sa cohérence tout en conservant son calme contre un Nicolas Sarkozy qui trépigne de « débusquer » et d'exposer au grand jour ses supposées faiblesses sur le fond.
Traditionnellement, les observateurs jugent qu'un seul débat a été décisif, celui de 1974 entre Valéry Giscard d'Estaing et François Mitterrand, tant l'écart final entre les deux hommes était faible (425 000 voix). « Pour qu'un débat soit décisif, il faut qu'il y ait une domination claire de l'un sur l'autre, un écart faible dans les sondages et que l'opinion soit disponible. Or, l'écart entre les deux hommes reste important et l'opinion est moyennement disponible », explique Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA. Et, ajoute-t-il, Nicolas Sarkozy partirait même avec « un léger handicap » puisqu'à dire partout qu'il allait « atomiser » son adversaire, « un match nul apparaîtra comme une défaite ». Ce qui explique peut-être pourquoi dans le camp de Nicolas Sarkozy, on fait retomber la pression autour de ce débat « pas plus important que n'importe quel déplacement de Nicolas Sarkozy ». « L'important, c'est que la mobilisation continue », pour faire mentir ces sondages qu'ils estiment « faux ».Maud Pierron

Pratique

Un débat millimétré. Une charte a été signée entre les parties, réglant notamment la taille de la table (2,50 m), ou la disposition des candidats : Hollande à gauche, Sarkozy à droite. Le débat, coproduit par France 2 et TF1, va être animé en plateau par Laurence Ferrari (TF1) et Davis Pujadas (France 2). L'audience pourrait être historique, le débat étant retransmis par les chaînes d'infos et les radios.