place au réalisme et au socialisme

Nicolas Bégasse

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Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dimanche soir, place Stalingrad à Paris.
Le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, dimanche soir, place Stalingrad à Paris. —

C'est le score inattendu de Marine Le Pen qui fait d'abord réagir la place Stalingrad à Paris, où les supporters de Jean-Luc Mélenchon se sont massés par centaines ce dimanche soir. Des sifflements suivis d'un appel : « Résistance ! Résistance ! » La foule, venue avec drapeaux et boissons, accuse le coup. « J'ai du mal à réaliser que Le Pen est aussi haut, avoue Romain. Se dire qu'une personne sur cinq qu'on va croiser dans la rue est allée tête baissée vers elle, c'est consternant. » « Ça craint », réagit encore Olivier, un déçu parmi tant d'autres sur la place parisienne. Avec ses amis, ils en sont déjà à calculer les voix de droite et de gauche. « Ce qui nous inquiète, ce sont les reports de voix. On ne veut pas que Sarko passe. »

« Une grande gauche »
« Si Mélenchon ne passe pas, il faut bien que quelqu'un à gauche soit élu, réagit Mélanie, en prenant soin de ne pas nommer Hollande. La droite, on va l'assommer avec une grande gauche ! » L'apparition de Jean-Luc Mélenchon lui redonne son enthousiasme. « Nous sommes la seule force politique nouvelle qui a percé dans cette élection », crie le candidat. Pour lui, s'il faut battre la droite, il ne faudra pas se montrer tendre avec le PS. « Quel que soit le président élu, face à la finance, il n'aura d'autre choix que de se soumettre ou résister. Pour ce qui est de résister, il n'y a qu'une force : la nôtre ! » Applaudissements nourris. Mais bien vite, la place se vide. L'euphorie a laissé place au réalisme du nécessaire vote socialiste.

Appel à voter PS... sans le dire

Mélenchon a répété qu'« il n'y avait rien à négocier » entre les deux tours et après. Pour lui, s'il faut voter PS le 6 mai, c'est « sans rien demander en échange, pour battre Sarkozy ». « Mobilisez, comme s'il s'agissait de me faire gagner l'élection », a-t-il lancé. Un souci de clarté qui ne va pas jusqu'à prononcer le nom de François Hollande.