Des programmes mal différenciés

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Les candidats fignolent des programmes, en font la promotion à la télé, tout en moquant les propositions forcément inadaptées de leurs adversaires. Mais, au milieu de cette foire aux idées, les sondés n'ont pas l'air d'être convaincus par les différences entre projets. Ainsi 55 % des sondés estiment que les programmes de l'UMP et du FN sont « pratiquement semblables » ou « différents sur certains points peu nombreux ». Un taux qui monte à 60 % entre les programmes du PS et du Front de gauche et qui atteint même 48 % entre le PS et l'UMP, deux partis qui structurent pourtant l'opposition gauche-droite. Difficile de décrypter ces résultats, mélange de confusion et sans doute de lassitude. « Cela explique peut-être pourquoi les mouvements sont aussi importants dans les intentions de vote sur fond de scepticisme vis-à-vis des politiques », décrypte Jérôme Sainte-Marie, de CSA. Ainsi 44 % des personnes interrogées estiment que ni Nicolas Sarkozy, ni François Hollande ne sont capables d'apporter des solutions pour améliorer la situation des jeunes. Au-delà des programmes, l'élection se joue surtout sur l'image d'un homme. Ainsi, malgré leur scepticisme sur les différences entre les programmes, 67 % des sondés estiment que Hollande mènerait une politique plutôt différente de celle menée par Nicolas Sarkozy depuis cinq ans. Matthieu Goar