La guéguerre a déjà commencé

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Mélenchon et Joly (archives).
Mélenchon et Joly (archives). —

« Illusionniste », « marchand de rêve », « logiciel politique dépassé ». Depuis la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon à la Bastille le 18 mars, les écologistes multiplient les attaques contre le leader du Front de gauche (FG). Les désaccords entre les deux formations sont profonds, par exemple sur la vision de l'écologie. Mais c'est aussi la concurrence électorale qui enflamme les relations. Car le FG, qui n'a pas passé d'accord avec le PS contrairement aux écologistes, compte présenter des candidats dans toutes les circonscriptions, sauf dans les 90 où il y a un danger pour la gauche. Jean-Luc Mélenchon pourrait même se présenter dans la 6e circonscription de Paris, où Cécile Duflot a été investie… « Mélenchon tape sur nous à propos de l'accord en expliquant qu'on s'est couché devant le PS, mais eux, ils vont le faire en catimini entre les deux tours. On revendique des pratiques politiques différentes », conteste Christophe Rossignol, conseiller régional EELV du Centre. Sur France Inter mardi, Mélenchon a souhaité « un grand et puissant groupe » à l'Assemblée... pour peser peser sur un éventuel futur gouvernement Hollande. Là encore, les écolos ont peur de se voir voler ce rôle de partenaire privilégié. D'où l'opération décrédibilisation du projet de Mélenchon qui tiendrait un « double discours ». « Il ne faut pas leurrer les électeurs. Passé juin et les législatives, il y aura des ministres du FG au gouvernement car il y a une différence entre la posture de Mélenchon et la réflexion des communistes », explique encore Christophe Rossignol.MAud Pierron