Guy Dollé, jamais sans son Arcelor

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Le sidérurgiste européen Arcelor, qui réunissait dimanche son conseil d'administration, devrait annoncer officiellement lundi son probable rejet de l'OPA améliorée de son prédateur Mittal Steel, ont indiqué dimanche des sources proches du dossier.
Le sidérurgiste européen Arcelor, qui réunissait dimanche son conseil d'administration, devrait annoncer officiellement lundi son probable rejet de l'OPA améliorée de son prédateur Mittal Steel, ont indiqué dimanche des sources proches du dossier. —

Le patron d'Arcelor, le Français Guy Dollé, a fait toute sa carrière dans l'acier avant de bâtir le numéro 2 mondial du secteur de l'acier, qu'il n'entend nullement abandonner : l'avenir de son groupe, il en est sûr, s'écrira sans Mittal Steel.

Né en 1942, polytechnicien, Guy Dollé a grandi à Metz (Moselle) et mené toute sa carrière à l'ombre des hauts fourneaux. Dès 1966, il entre comme chercheur au Centre de recherche sur la sidérurgie (Irsid). En 1980, il intègre Usinor, branche française de ce qui deviendra en 2002 le groupe franco-hispano-luxembourgeois Arcelor.

Chez Usinor, dont il a gravi les échelons jusqu'à la direction générale, il décide de restructurations et de plans sociaux douloureux dans les années 1980 et 1990.

Président de la direction générale du groupe européen Arcelor depuis février 2002, c'est lui qui a porté sur les fonts baptismaux la fusion des sidérurgistes français Usinor, espagnol Aceralia et luxembourgeois Arbed pour bâtir ce qui fut d'abord le leader mondial du secteur, avant d'être détrôné en 2005 par son rival Mittal Steel.

Avec le rachat en 2006 du sidérurgiste canadien Dofasco et la création en 2005 d'une imposante filiale au Brésil, Guy Dollé est aussi un acteur de l'expansion internationale de son groupe.

Véritable patron opérationnel d'Arcelor, grand communicant mais aussi redoutable footballeur, Guy Dollé est immédiatement monté au créneau le 27 janvier 2006 pour s'opposer au projet de raid de Mittal. Enchaînant les conférences de presse en Europe et aux Etats-Unis, ce moustachu dégarni au ton parfois cassant a inlassablement répété que son groupe ne se marierait « jamais » avec son concurrent. Selon lui, Mittal et Arcelor n'« habitent pas sur la même planète ». « Tout oppose » les deux groupes, tant en termes d'aciers produits, de cultures et de gouvernances d'entreprises, a-t-il martelé, insistant parfois maladroitement sur la nationalité « indienne » de Lakshmi Mittal.
Surtout, Dollé a paru ulcéré par la manière dont Mittal lui aurait annoncé son projet d'OPA: « A l'apéritif, entre la poire et le fromage » à Londres en janvier puis par un message sur son téléphone portable.