Une élection, deux France

Alexandre Sulzer

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France d'en haut et France d'en bas. Entre 1999 et 2009, le revenu annuel moyen des 10 % les plus modestes s'est élevé de 610 €, celui des 10 % les plus riches de 8 190 €. Dans cette France à deux vitesses, l'ancien clivage gauche-droite est-il encore pertinent ? De plus en plus d'hommes et de femmes politiques répondent par la négative. « Il y a les Français mondialisés et les autres, qui en prennent plein la gueule », confiait il y a quelques semaines Dominique de Villepin. 20 Minutes a décidé d'aller vérifier dans deux villes qui symbolisent les deux extrémités de l'échelle sociale.

9 400 € par an vs 6 501 € par mois
Les habitants de Denain, dans le département du Nord, disposent du revenu fiscal de référence moyen le plus faible de France avec la moitié des foyers qui déclarent moins de 9 400 € par an. La ville ouvrière ne s'est jamais remise de la fermeture d'Usinor à la fin des années 1970. Près de cent trente ans après qu'Emile Zola s'y est rendu afin de se documenter pour Germinal, Denain est souvent surnommé la « capitale française du RSA ».
La verdoyante Saint-Nom-la-Bretèche, dans les Yvelines, est à l'inverse la ville dont le revenu médian par ménage est l'un des plus élevés de France avec 6 501 € par mois. La commune, qui offre un cadre de vie exceptionnel à proximité de la Défense, attire les cadres supérieurs ainsi que de nombreux expatriés étrangers qui vivent en harmonie avec la mondialisation.
Plongée aux antipodes sociaux d'une France en campagne.