Saint-Nom-la-Bretèchevotera sans enthousiasme

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Saint-Nom-la-Bretèche est « un dortoir de riches », selon un habitant.
Saint-Nom-la-Bretèche est « un dortoir de riches », selon un habitant. —

Une « bulle ». Le mot revient dans toutes les bouches pour décrire Saint-Nom-la-Bretèche (Yvelines). « C'est un grand dortoir de riches. Ici, ça vote à droite », sourit Francis, un ingénieur reconverti en artiste peintre qui habite « la plus petite maison » de la commune. La présidentielle « n'est pas un sujet de conversation. La dernière grosse actu, c'était l'épisode neigeux. »

« Le style de Sarkozy m'a déçu »
« Les habitants sont préoccupés par les déficits, l'Europe, la croissance, des thèmes qui ne sont pas développés dans la campagne », précise Manuelle Wajsblat, la maire (DVD). Et si les centres d'intérêt peuvent paraître bien éloignés de ceux, plus concrets, des autres Français, elle note une « curiosité » pour l'élection. « Il faut distinguer leur avis sur la personne de Nicolas Sarkozy, défavorable, et leur avis sur son action, jugée positivement. » Christophe en est un parfait exemple. Ce kiné de 41 ans confie : « Le style de Sarkozy m'a déçu et il n'a pas été assez loin dans la réforme des retraites. » Alors, le 22 avril, il votera « certainement » pour le président sortant, mais « pas avec la même conviction qu'en 2007 ». Prenant un bain de soleil dans sa propriété à proximité du golf, François, dirigeant de société, n'est même plus sûr de voter pour le chef de l'Etat. « Le bouclier fiscal n'a pas eu l'effet désiré et il faut baisser davantage les dépenses de l'Etat. » Ses partenaires du golf craignent-ils une explosion de la fiscalité si Hollande arrive au pouvoir, comme le suggère Jack, un Irlandais qui sort du green ? « Non, les gens ont compris qu'ils devront payer plus d'impôts de toute façon », assure François. Même sa très sarkozyste voisine, Jocelyne, 65 ans, qui bichonne les fleurs de sa villa, reconnaît que « ce n'est pas le meilleur moment pour alléger l'ISF. On aurait dû quitter la France en 1981. Mais mon mari était trop pantouflard. »A. S.