Les gros évitent les petits

Matthieu goar

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Et si on passait directement au second tour ? En refusant l'idée d'un débat à dix, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont provoqué la fureur des autres candidats. « Ils méprisent les citoyens », glisse-t-on au Front de gauche. « Les électeurs jugeront d'eux-mêmes », tranche Nicolas Dupont-

Aignan. « Il y avait une entente souterraine entre Sarkozy et Hollande pour que les débats n'aient pas lieu », accuse même François Bayrou.
France Télévisions a donc dû s'adapter aux desiderata des deux favoris de la présidentielle, lesquels refusent de se retrouver sur un même plateau avant le premier tour. Un débat à dix serait « inaudible », argue-t-on du côté des deux états-majors. « Ce débat, ce n'est pas parce qu'on l'organise qu'il va permettre aux Français d'éclairer leur jugement, parce que le nombre trop élevé de candidats interdit la confrontation », a ainsi expliqué, mercredi, Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP.

« Vous imaginez Hollande

devisant avec Cheminade... »
Hollande et Sarkozy rêvent pourtant de s'affronter. Selon un de ses proches, le candidat PS « bouillonne » à chaque fois qu'il voit son adversaire à l'écran, lequel souhaite l'« atomiser ». Avant leur finale rêvée, les deux « gros » considèrent qu'ils ont plus à perdre qu'à gagner dans ces débats. « Ils sont dans une stratégie de l'esquive. Le premier tour n'est qu'une formalité administrative dans leur esprit », ironise François Delapierre, directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui réclame depuis des mois un débat avec Sarkozy et Hollande. Impossible également de ne pas remarquer un certain mépris de la part des deux favoris. « Vous imaginez Hollande devisant avec Cheminade, c'est absurde… », persifle un cacique du PS. On retrouve les mêmes mots dans l'équipe de Sarkozy, pour une fois sur la même ligne que le PS.

Les débats

Deux émissions « Des paroles et des actes » sur France 2 réuniront la semaine prochaine cinq candidats un soir, et cinq candidats le lendemain. Les participants seront interrogés par des journalistes et ne débattront pas entre eux.