Les socialistes mobilisés contre l'abstention

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Ségolène Royal passe le relais à François Hollande, mercredi à Rennes.
Ségolène Royal passe le relais à François Hollande, mercredi à Rennes. —

Un meeting qui tombe à pic. Hollande-Royal, c'était l'affiche du rassemblement de Rennes mercredi soir, mettant en pleine lumière Ségolène Royal et son « vibrant appel » à la mobilisation. « Le moment du vote, c'est un moment exceptionnel où la voix d'une caissière vaut celle d'un patron du CAC 40. Alors, aux urnes, citoyens ! », a lancé l'ex-candidate venue « passer le flambeau à celui qui porte l'espoir » devant 18 000 militants déchaînés. Car à dix-huit jours du premier tour, si on affiche sa « sérénité » dans l'équipe Hollande, on est aussi « vigilant » face au risque de l'abstention. « C'est une inconnue », reconnaît Manuel Valls, notant qu'elle a « nui à la droite » lors des dernières élections locales, mais à la gauche en 2002.

Une « gauche sérieuse »

et « sérieusement de gauche »
Pour réduire le danger, le PS compte sur son immense opération de porte-à-porte, sur des facilitations de procuration, mais aussi sur « l'agenda du changement », détaillé à Rennes par le candidat. « C'est la première fois que nous sommes prêts à ce point. Le but, c'est l'amélioration de la vie quotidienne des Français », insiste Laurent Fabius. « C'est précis, concret et transparent, c'est ainsi qu'on lutte contre l'abstention », explique Bernard Cazeneuve, l'un des porte-parole de François Hollande.Un moyen aussi d'apparaître comme la « gauche sérieuse » et « sérieusement de gauche » face à la gauche de protestation de Mélenchon, qui mord dans l'électorat hollandais. « L'éparpillement des voix de gauche » au premier tour, avec un Hollande autour de 25 % et un Sarkozy très haut, à 30 % au premier tour, c'est le cauchemar qui hante les esprits de certains socialistes. « La dynamique serait inversée », craint-on. « Il faudrait que nous, qui sommes à 54 % des intentions de vote au second tour, soyons démoralisés et que Nicolas Sarkozy, qui est à 46 %, soit euphorique ? On laisse à la droite les faux récits », assure un membre de l'équipe de campagne.