à la recherche d'un électorat perdu

Matthieu goar

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Lors de la présidentielle de 2007, 22 % des 18-24 ans s'étaient abstenus.
Lors de la présidentielle de 2007, 22 % des 18-24 ans s'étaient abstenus. —

Crise de jeunisme dans tous les camps. Depuis le début de la campagne, les candidats à la présidentielle multiplient les appels du pied à la jeunesse. François Hollande en a ainsi fait l'axe principal de sa campagne, « parce qu'elle est au cœur de la cohésion nationale », Nicolas Sarkozy lui consacre un meeting réservé aux moins de 40 ans samedi, Jean-Luc Mélenchon demande régulièrement aux jeunes de ses auditoires de retenir les « leçons de cette présidentielle », et Marine Le Pen espère réaliser une percée inédite dans une catégorie d'âge d'habitude plutôt rétive aux idées du FN. « Le message des politiques s'adresse en fait autant aux adultes qu'aux jeunes. Car, si les jeunes sont inquiets de leur avenir, on constate dans nos études que les parents le sont encore plus pour leur enfant. Les études, l'emploi les préoccupent», explique Stéphane Zumsteeg, directeur du département opinion et recherche sociale d'Ipsos.

23 % de chômeurs

chez les moins de 25 ans
Avec un taux de chômage qui avoisine les 23 % chez les moins de 25 ans et frôle les 40 % dans certains quartiers populaires, la jeunesse de France est confrontée à la précarité, entre CDD et stages non rémunérés. Et les politiques dégainent pour tenter de convaincre les 4 millions de 18-24 ans : Hollande promet 150 000 emplois d'avenir dans les quartiers les plus populaires et avec ses contrats de génération, Sarkozy veut arriver à un million d'apprentis en 2017. Sans vraiment convaincre. Dans le dernier sondage CSA, le candidat de l'UMP n'est estimé qu'à 22 % chez les 18-24 ans, derrière le socialiste (25 %). Mais les difficultés économiques de la jeunesse semblent également influer sur leur comportement électoral. A l'abstention traditionnellement plus forte que dans les autres catégories (22 % en 2007, contre 16 % pour l'ensemble des votants) semble s'ajouter une tentation du vote d'extrême droite, peut-être liée à la personnalité de Marine Le Pen. « Elle est moins impopulaire que son père dont les dérapages faisaient office de répulsifs chez les jeunes », analyse Stéphane Zumsteeg. La candidate du FN est régulièrement mesurée à 20 % chez les 18-24 ans.