éternel « Oncle Vania »

Alice coffin

— 

Gilles Privat, Catherine Ferran,  Marie Vialle, et Eric Caruso.
Gilles Privat, Catherine Ferran, Marie Vialle, et Eric Caruso. —

Si Dave intimait un « Vanina, rappelle-toi » dans sa chanson, on a envie de murmurer « Vania, ne te souviens donc pas », pour consoler le vieux tonton de Tchekhov. Oncle Vania est une pièce dont « le problème même est la désillusion », estime le metteur en scène Alain Françon. Un oncle, une nièce, un beau-frère, le médecin écolo, une grand-mère féministe, une nounou parlent, beaucoup, se disputent, crient, vivent et se rappellent de ce qui n'a pas été.

Liqueurs et chaleur
Grâce à l'universalité du texte écrit en 1897 par Anton Tchekhov, rien de cette intimité n'est étranger au spectateur de 2012. Universalité à laquelle la mise en scène d'Alain Françon rend justice. Il y a une scène et des rangées de fauteuils rouges aux Amandiers comme dans tous les théâtres. Pourtant, qui vient y voir Oncle Vania vivra un après-midi d'été campagnard alangui à force de liqueurs et de chaleur en début de représentation, les peurs et les frénésies d'une nuit d'orage, ou une soirée à la lumière tamisée sans espoir, mais sans trop de crainte non plus. Toutes ces scènes se déroulent dans une maison de campagne en Russie ; elle pourrait être la nôtre puisque c'est celle de l'espèce humaine.

pratique

De 12 à 26 €. Jusqu'au 14 avril au Théâtre Nanterre-Amandiers, 7, av. Pablo-Picasso, Nanterre. RER Nanterre-Préfecture. Tél. : 01 46 14 70 00.