Denis Lavant incarne Célineen toutes lettres

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Dans la peau de Louis-Ferdinand Céline. Fabrice Luchini s'y était atelé dans Le Voyage au bout de la nuit. Denis Lavant va plus loin en transposant la correspondance de l'écrivain. Pour « éviter les écueils, la pièce est centrée sur le rapport de Céline à l'écriture », explique le metteur en scène Ivan Morane.

« Epouser la partition »
On découvre à quel point ce « baveux », comme il se qualifiait, se donnait « de la peine à transposer le parler en écrit, car le papier retient mal la parole ». A quel point aussi Céline éprouvait de la haine pour les autres écrivains, dont « les livres ne se lisent pas, ils se regardent », les éditeurs, « moitié épiciers, moitié maquereaux », les critiques, qui « ne parlent que de leur magnifique eux-mêmes » et les lecteurs, dont « l'avis est pire encore ». Au départ, Denis Lavant avait des réticences à incarner Céline. « Le danger, c'était que le public puisse penser que je partage la posture. » Au contraire, on ne ressent aucune empathie. « J'ai juste cherché à épouser la partition. » L'ombre de l'écrivain plane sur Denis Lavant depuis ses débuts au cinéma chez Léos Carax, où les références abondent de Boy Meets Girl (1984) au tout dernier, Holly Motors (2012).