Pourquoi Sarkozy a « tapé » aussi fort contre Hollande

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Feu sur le candidat socialiste. Samedi à Lyon, Nicolas Sarkozy a ciblé de façon inédite son principal adversaire. « Dans une campagne présidentielle, on ne peut pas dissimuler qui l'on est et ce que l'on veut, a attaqué le candidat UMP, quand on fait cela, on est un cynique. » François Hollande l'a aussitôt accusé de devenir « un anti-Hollande ». Lors de son annonce de candidature sur TF1, Nicolas Sarkozy avait pourtant déclaré que sa « campagne ne va pas consister, matin, midi et soir, à dire du mal des autres ». « Il en avait marre de se faire taper dessus. Il avait un message à faire passer avant l'égalité du temps de parole », qui s'imposera dès mardi dans les médias audiovisuels, souligne le député Sébastien Huyghe, l'un des membres de la cellule « ripostes » de l'UMP.

« En garder sous le coude »
Nicolas Sarkozy a donc voulu taper fort avant de voir sa parole réduite à portion congrue. « La ligne reste la même, complète Guillaume Peltier, l'un des stratèges de l'UMP : il s'est toujours attaché à multiplier les propositions tout en mettant en lumière les failles et les archaïsmes du PS ». « C'est cocasse de voir les socialistes s'étonner des attaques alors qu'elles sont de fond. Eux ne se gênent pas pour lancer des attaques personnelles », ironise-t-il. « Il reste 35 jours avant le premier tour, c'est extrêmement long, complète un membre de l'équipe de campagne. Nicolas Sarkozy ne peut pas faire de nouvelles propositions à chaque meeting. Il a préféré en garder sous le coude » pour ses interventions télévisées.Alexandre Sulzer