des familles fragiles oubliées par la campagne ?

Lucie romano

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A 86 %, les personnes seules avec enfant souhaiteraient que leur situation soit davantage prise en compte dans la campagne présidentielle. C'est l'une des principales conclusions du sondage réalisé à la fin février par OpinionWay et dévoilé en exclusivité par 20 Minutes.

Des chiffres éloquents
Son commanditaire : Christine Kelly, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et créatrice de K d'urgences, qui vient en aide depuis deux ans aux familles monoparentales en difficulté. « Le but de ce sondage, explique l'ancienne journaliste, c'est d'alerter les candidats sur les souffrances de ces familles. » Les chiffres sont éloquents : un tiers des familles monoparentales, soit 1,6 million de familles selon les dernières données (2009) de l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) dispose de revenus inférieurs au seuil de pauvreté. C'est le cas d'un dixième des couples. Les mères seules et leurs enfants forment 85 % des familles monoparentales. Ces femmes subissent souvent un temps partiel. Christine Kelly, mais aussi des membres d'autres associations, alertent régulièrement sur leurs difficultés en matière de logement et de garde d'enfants. La présidentielle est l'occasion d'un coup de projecteur. L'Union nationale des associations familiales (Unaf) a préparé sa « plateforme revendicative ». Pour Patricia Augustin, sa secrétaire générale adjointe, « il faut une politique familiale ambitieuse avec des mesures concrètes, pas seulement sociales ». Pour elle, la loi doit, par exemple, mieux encadrer le droit de visite ou la non-présentation d'enfants entre ex-conjoints. Un paragraphe consacré aux familles a trouvé sa place dans tous les projets présidentiels, mais il n'y a rien de spécifique sur la monoparentalité.