Cinq prétendants obtiennent un score à deux chiffres

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Secrètement, le camp du candidat-président espérait que mars soit le mois du croisement des courbes… C'est sûr, un sondage placerait enfin Sarkozy devant Hollande au premier tour, les dynamiques s'inverseraient et tout redeviendrait enfin possible. Pour le moment, il n'en est rien. Selon la dernière étude CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC, Hollande repart à la hausse (30 % au premier tour, contre 28 % pour le candidat UMP) et écrase toujours Sarkozy au second tour (56 %-44 %). « Tous les voyants sont au vert pour lui. Malgré la récente gauchisation de son discours avec l'idée de la tranche à 75 %, il bénéficie encore à plein de l'antisarkozysme au second tour. Par exemple, le report de voix de Bayrou est toujours très bon », détaille Jérôme Sainte-Marie, de CSA.

Sarkozy attire des frontistes
Dans une campagne très marquée par la désindustrialisation, le candidat PS recueille, par exemple, 43 % des intentions de vote des ouvriers (+ 8 %), contre seulement 27 % pour Marine Le Pen, ce qui démontre la capacité de François Hollande à capter l'actualité. En allant chasser sur les terres de Le Pen (nourriture halal, l'assistanat, etc.), Sarkozy a, lui, fait bouger les lignes, sans renverser la situation. Depuis notre sondage du 22 février, le candidat-président a attiré des sondés frontistes (il progresse de 12 % chez les personnes ayant voté Le Pen en 2007), ce qui explique en partie la baisse de la présidente du FN, mais a repoussé des centristes, permettant ainsi à François Bayrou de remonter. A 45 jours du premier tour, Marine Le Pen peut d'ailleurs commencer à regarder dans son rétroviseur puisque le président du MoDem et Jean-Luc Mélenchon la talonnent. Ce qui suscite des espoirs. « Les dernières semaines réserveront des surprises. Bayrou, c'est la constance dans une campagne agitée. Il est l'un des trois à pouvoir gagner », estime Jean-Luc Bennahmias. « Quand on voit les meetings de Jean-Luc Mélenchon à plus de 10 000 personnes ou les réunions départementales où nous sommes 500, cela nous étonnait depuis longtemps que l'on ne soit pas mesuré à deux chiffres », glisse de son côté Eric Coquerel, conseiller politique de Mélenchon.M. GO.