Nicolas Sarkozy, défenseur des privilégiés

Matthieu goar

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Sarkozy, candidat du peuple, contre Hollande, candidat du système… Cette stratégie de campagne est née au début de l'année dans l'équipe rapprochée du Président. Alors le candidat UMP a reparlé du travail, de sa vision des valeurs françaises, il est redescendu dans la rue, a pris le train et serré des mains. Mais cela ne semble pas prendre dans l'opinion. En effet, 60 % des sondés estiment que « les propositions de Nicolas Sarkozy s'adressent surtout aux gens socialement plus aisés » qu'eux. Et les propositions de Sarkozy d'interdire les retraites chapeaux ou d'augmenter de 1 000 € par an les salaires compris entre 1 200 et 1 450 € n'ont pas convaincu.

« Le piège des 75 % »
« Nous n'avons pas assez martelé ces propositions fondamentales pour plutôt évoquer la viande halal ou je ne sais quoi. Pendant ce temps-là, avec sa proposition démagogique d'une tranche à 75 %, Hollande apparaît comme celui qui part en guerre contre la finance », explique Marc-Philippe Daubresse, secrétaire général adjoint de l'UMP. Avec « son piège des 75 % », selon les mots employés par la majorité, Hollande a réussi à gommer les annonces du Président. « Le coup tactique est brillantissime car il oblige Sarkozy à se positionner contre et donc à passer pour les défenseurs des plus privilégiés », analysé Jérôme Sainte-Marie, de CSA. « Nous n'étions pas obligés de suréagir », souffle un dirigeant de la majorité, alors que d'autres responsables politiques pensent que le ver est depuis longtemps dans le fruit. « Il est condamné par là où il a péché, par le bling-bling, le Fouquet's, la croisière à Malte… Les gens ne sont pas dupes », estime Jean-Luc Bennahmias, soutien de François Bayrou.