DEUX grands CANDIDATS dans les petits papiers des médias

Matthieu goar

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Ces chouchous qui cachent la forêt de candidats… François Hollande et Nicolas Sarkozy, leur meeting, leur déplacement et leur passe d'armes squattent les médias. Et cela déplaît aux sondés interrogés par CSA pour 20 Minutes, BFMTV et RMC. Selon cette étude, 68 % des personnes estiment que les journalistes accordent plus de place aux candidats PS et UMP, 86 % trouvent cette situation anormale et 71 % en concluent que cela ne permet pas aux électeurs de faire un choix réfléchi (voir ci-contre).

Hollande et Sarkozy ont occupé 29 % et 34 % du temps d'antenne
« Oui, Jean-Luc Mélenchon passe à la télé, à la radio ou dans les journaux. Le problème pour nous est que ses soutiens ne sont jamais invités et que les commentateurs ne parlent que des favoris. Mais les Français sont lucides sur cette situation », analyse Eric Coquerel, conseiller politique du candidat du Front de gauche. Effectivement, les chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel donnent raison aux sondés. Selon le CSA, Hollande et Sarkozy ont occupé respectivement 29 % et 34 % du temps d'antenne entre le 1er janvier et le 24 février. Le Pen est à 10 %, Bayrou à 9 %, Mélenchon à 6 %, alors que les chaînes ont l'obligation de leur accorder un temps de parole équivalent à leur score dans les sondages. A partir du 19 mars, les médias audiovisuels seront obligés de respecter l'égalité du temps de parole. L'espace dédié aux candidats dans la presse écrite n'est pas mesuré, mais les journaux font également la part belle aux deux « gros ». « Je ne critique pas tous les médias. Sauf que certains tombent dans la facilité en se projetant déjà dans le second tour. Du coup, ils embrayent sur toutes les rumeurs, tous les leurres des deux gros candidats », analyse Jean-Luc Bennahmias, soutien de François Bayrou en citant pêle-mêle la polémique sur la nourriture halal, les idées de référendum ou la création d'une tranche à 75 %. Une analyse que semblent partager les sondés puisque 71 % d'entre eux estiment que les médias « accordent trop de place aux incidents ». « Cette critique des médias est classique, mais en temps de crise, elle peut avoir des effets déplorables, notamment en ce qui concerne l'abstention », estime Jérôme Sainte-Marie, de l'institut CSA.