Un troupeau de journalistes bat la campagne

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Les salles de presse sont bondés. Ici à un meeting de Sarkozy à Annecy.
Les salles de presse sont bondés. Ici à un meeting de Sarkozy à Annecy. —

C'est le « Hollande tour » ou le « Sarko tour », comme ils s'appellent. Ils, ce sont les journalistes qui suivent François Hollande ou Nicolas Sarkozy, les deux favoris de la présidentielle et donc de la lumière médiatique. D'après leur service de presse respectif, ils sont en moyenne une centaine pour le socialiste et 150 pour le candidat-président à les suivre lors de leurs déplacements. Trop ? « Ce n'est jamais trop ! », assure-t-on du côté du candidat PS.

Pool de journalistes
Pas facile pourtant d'aller à la rencontre des « vrais » Français, à Laval, Annecy ou au Salon de l'agriculture avec une meute de journaliste constamment à leurs bottes. Et si les services d'ordre font parfois le ménage, ça n'empêche pas les passants de râler contre les journalistes. Alors les candidats sèment parfois leurs « suiveurs » attitrés. Juste après sa déclaration de candidature, Nicolas Sarkozy a organisé une visite surprise avec peu de médias au marché de Rungis pour serrer la main de ces travailleurs qui se lèvent tôt. François Hollande, lui, devient friand de ce type de déplacement, avec un pool restreint de journalistes informés au dernier moment, parfois via des SMS nocturnes réclamant la stricte confidentialité. « Ça crée des frustrations chez les journalistes, mais les pools sont inévitables pour que tout le monde puisse travailler. Parfois, il faut se déplacer en formation réduite », explique-t-on. Pour des questions pratiques, comme pour le déplacement de mardi dans un collège francilien, pour éviter un accueil trop tendu, comme à Florange, il y a dix jours, pour aller soutenir les ouvriers d'ArcelorMittal à bouts de nerfs.

Des cafés-rencontres

organisés à l'abri des regards
L'équipe de Nicolas Sarkozy a trouvé la parade. Dans la rue, la plupart des journalistes sont tenus à bonne distance, mais surtout lors de chaque déplacement « un café-rencontre » est organisé avec une dizaine de Français. A l'abri des stylos, des caméras et des appareils photo. « Sans interférences car vous savez bien qu'une caméra influence la prise de parole, on en dit moins ou on exagère, note-t-on dans l'entourage du président-candidat. Là, ça permet des échanges sincères, francs et directs. » Maud Pierron