Le terrain comme réponse

Matthieu goar

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François Hollande lundi à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne).
François Hollande lundi à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne). —

Continuer à creuser son sillon, en faisant comme si de rien n'était. Ou presque… « Je ne me laisserai pas entraîner dans un pugilat », prévient d'emblée François Hollande en arrivant lundi à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), plus de 60 % d'habitat social et 15 à 18 % de chômage. Ce déplacement en banlieue devait être secret, mais des dizaines de micros traquent le candidat socialiste. Car sous le soleil du quartier Fleming, l'ombre des attaques de Nicolas Sarkozy plane. Au lendemain d'un meeting où le candidat UMP l'a étrillé, François Hollande a choisi une visite dans un quartier populaire pour répondre à l'autoproclamé « candidat du peuple ». Une centaine de riverains l'attendent. « François, tu seras le prochain président ! », crie un homme, perché sur une rampe d'escalier. Le candidat salue de la main avant de s'engouffrer dans une barre qui sera détruite en 2013.

Des idées pour les quartiers
Akli Mellouli, candidat PS aux législatives, sert de guide. « On n'a pas encore assez parlé des quartiers dans cette campagne, mais la venue de François marque un tournant », espère-t-il. Prochainement, le candidat devrait annoncer des propositions fortes, notamment à destination des quartiers populaires. L'un de ses hommes de confiance et chef de cabinet, Faouzi Lamdaoui, a notamment rencontré les partenaires sociaux pour réfléchir à des moyens d'inciter les entreprises à davantage employer les habitants de ces territoires. Hollande explique aussi qu'une grande partie des 150 000 emplois d'avenir sera créée dans les quartiers populaires. « Aimer la France, c'est aimer les Français sans distinction entre eux. Il ne doit pas y avoir de territoires délaissés, ni les quartiers populaires ni les zones rurales », confie-t-il. A Bonneuil, plus de 603 appartements sont concernés par des programmes de rénovation urbaine. « On estime en tout que 2 491 pourraient être réhabilités », lâche le maire Patrick Douet, qui s'inquiète de l'avenir de l'Agence nationale de rénovation urbaine (Anru). Hollande opine, promet que les efforts seront approfondis. « Il faut replacer le débat sur les Français, leurs problèmes quotidiens comme le logement, les transports », embraye Laurent Cathala, député-maire de Créteil. Replacer le débat… Un leitmotiv depuis le début des attaques du candidat Sarkozy. Hollande, lui, joue l'équilibriste afin d'éviter le combat de boxe. Sans pouvoir s'empêcher d'ironiser lors d'une discussion avec les habitants : « Nous, on veut le mettre dehors, mais on ne le laissera pas bien sûr dormir dans la rue. »