Comment sont-ils protégés ?

Alexandre Sulzer

— 

Hollande (photo), Joly, Bayrou, Le Pen et Villepin font partie des candidats qui bénéficient du service de protection des hautes personnalités.
Hollande (photo), Joly, Bayrou, Le Pen et Villepin font partie des candidats qui bénéficient du service de protection des hautes personnalités. —

L'enfarinage de Hollande, mercredi, a mis en lumière les 760 fonctionnaires du Service de protection des hautes personnalités (SPHP). Cinq prétendants à l'Elysée (Hollande, Joly, Bayrou, Le Pen et Villepin) bénéficient de ses services. Nicolas Sarkozy, lui, est protégé par le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR). C'est en principe aux candidats d'en faire la demande. Celle-ci est transmise à la police qui la confie à l'unité de coordination de lutte antiterroriste qui évalue le risque. Lequel détermine l'ampleur du dispositif. Un « groupe de protection » est constitué d'au moins une dizaine de policiers. C'est le cas depuis hier pour Hollande.

« Nous faisons confiance

à nos camarades »
Un simple « accompagnement de sécurité générale » est composé de deux policiers qui se relaient. C'est ce dont profite Eva Joly, depuis qu'elle a reçu une mettre de menace accompagnée d'une balle, et François Bayrou. « Ça remonte à la période de la présidence du conseil général des Pyrénées-Atlantiques lorsqu'il avait reçu des menaces de l'ETA », précise son équipe. Mais « il n'est pas impossible » que le dispositif monte en puissance « dans les dernières semaines » de la campagne. En sa qualité d'ancien Premier ministre, Dominique de Villepin est toujours accompagné d'au moins deux policiers en civil. Mais le déploiement peut évoluer. Comme pour Marine Le Pen, « selon la sensibilité des déplacements », précise Thierry Légier, son garde du corps. Depuis le 15 janvier, il est épaulé par au moins deux policiers du SPHP. Hervé Morin, lui, aurait droit à un policier en tant qu'ancien ministre de la Défense. « Mais il a décliné », glisse son entourage. De son côté, Nicolas Dupont-Aignan assure que c'est le SPHP qui lui a proposé ses services. « Il réfléchit à partir de quand » il pourrait accepter, confie un collaborateur.
Restent les autres candidats, sans protection. La plupart se classent à la gauche de l'échiquier politique. « Pour la sécurité, nous faisons confiance à nos camarades », explique-t-on chez Lutte ouvrière. Un conseiller de Christine Boutin glisse, lui, ironiquement. « Pas de problème, le directeur de campagne a été commandant en second du GIGN ! »

Francois Hollande

Depuis hier, le candidat socialiste bénéfie de la protection d'une quinzaine de fonctionnaires du service de SPHP. Dans la foulée des primaires, le ministère de l'Intérieur lui avait déjà proposé ce dispositif, mais il l'avait décliné par peur des « mouchards », selon une source proche. Il était donc jusqu'alors accompagné seulement de deux policiers qui se relayaient. Le SPHP ne l'accompagnera pas lors de ses déplacements privés.