« La sécurité passe après le protocole »

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Jean-Pierre Diot*
Ancien membre du Service de protection des hautes personnalités (SPHP).
Comment un officier du SPHP

arrive-t-il au service d'un candidat ?
Un officier peut accepter ou refuser de suivre un politique et celui-ci peut aussi refuser ou accepter l'officier. Le chef de service du SPHP fait une présélection. Ensuite, on est présenté à l'entourage du candidat, parfois au candidat directement. La sélection est bien souvent faite par les épouses ou l'entourage. Trop petit, trop grand, un après-rasage qui ne convient pas et c'est fini !
Vous avez protégé le pape ou des stars. Est-ce plus compliqué de travailler

avec un politique en campagne ?
C'est différent. Dans la rue, il faut que la personnalité puisse bouger librement et on ne doit surtout pas apparaître près de lui. Pour les conseillers des politiques, l'idéal serait qu'on soit invisible. Pour eux, la sécurité passe après le protocole, à la différence des Etats-Unis, où tout est fait pour la sécurité. Eux, ils ont vécu des attentats, des présidents tués. Notre principal ennemi, c'est le temps de réaction qu'on cherche à réduire au maximum. C'est toute la difficulté d'une « protection rapprochée lointaine ».
Quelle est la partie la plus importante de votre métier ?
L'anticipation et le repérage. Si on ne peut pas faire un repérage physique dans une salle par exemple, on se fait envoyer le plan détaillé, on repère les rues aux alentours, les portes d'entrée et de sortie. On avise aussi les services de police locaux. On fait en sorte qu'il n'y ait plus de poubelles dans telle rue où va passer le candidat pour éviter qu'elles servent de projectiles ou qu'on y cache quelque chose.Recueilli par Maud Pierron