Pourquoi les candidats n'ont d'yeux que pour elle

— 

   « On n'a jamais aussi peu parlé des classes populaires dans une campagne, note le politologue Luc Rouban. Parler plutôt des classes moyennes, une notion élastique, est une stratégie électorale qui permet aux candidats de se départir des élites sans trop parler des chômeurs. » Et de cibler un grand nombre de personnes : « 70 % des Français se sentent membres des classes moyennes », explique le sociologue Louis Chauvel, auteur du livre Les classes moyennes à la dérive (Seuil). Un panel qui va des ouvriers qualifiés aux cadres d'entreprises. Et qui permet à chaque candidat de cibler un électorat différent sous couvert d'un nom générique. 

 L'importance de l'école
En son nom, l'UMP cible la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, la révision du quotient familial. Le PS tire, lui, sur la hausse de la TVA et le bouclier fiscal. L'argument de la pression fiscale contre celui de la réduction des dépenses publiques est « un jeu entre la droite et la gauche », souligne Luc Rouban. Si les classes moyennes n'aiment pas payer d'impôts, elles ne voient pas non plus d'un bon œil la fragilisation des services publics et, notamment, de l'école. Le diplôme reste pour elles, qui n'ont pas un patrimoine immense, un dernier espoir que leurs enfants ne « dévissent » pas socialement.A. S.