Nicolas Sarkozy : « J'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas »

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Candidat, presque. Mais président de la République jusqu'au bout. Hier soir, Nicolas Sarkozy a consolidé sa stratégie de président-candidat. « Si un jour, je dois rentrer en campagne, à ce moment-là, je serai le candidat », a-t-il indiqué, laissant la porte à sa candidature très grande ouverte : « J'ai un rendez-vous avec les Français, je ne me déroberai pas. » Celui qui revendique de « la sincérité », de « l'authenticité », un état d'esprit « déterminé » et qui aimerait « que le débat politique prenne parfois plus de hauteur » ne s'est pas privé d'envoyer plusieurs piques à l'égard de François Hollande. Il a ainsi qualifié le retour de la retraite à 60 ans de « folie », de « mensonge », précisant que cela « conduirait le pays à la ruine ». Il a aussi déclaré que les Français étaient « inquiets » quand « on leur propose des rêves à bon marché ». Là encore, l'allusion au « rêve réenchanté » du candidat socialiste est évidente.

Critiques contre le projet PS
Il a également attaqué sa proposition de réforme du quotient familial, affirmant qu'une « politique familiale n'est pas une politique de redistribution ». Le président-candidat a également attaqué la proposition socialiste de mise à disposition de terrains publics pour construire des logements : « C'est une drôle d'idée qui consiste à ruiner l'Etat. » Et lorsque la journaliste Claire Chazal lui fait remarquer que sa proposition de création d'une « banque de l'industrie » ressemble au projet de banque publique d'investissement, contenu dans le projet de François Hollande, Nicolas Sarkozy se fâche : « C'est une obsession, vous l'avez appris par cœur ! » Même s'il s'en défend, il a ainsi posé clairement les jalons de sa future candidature. Tout en restant fidèle à sa stratégie d'un président qui se veut protecteur et crédible dans cette mandature et la suivante. « Je ne dis pas : “Après l'élection, on rase gratis.” »
Il a également évacué le risque de réduction du pouvoir d'achat que représenterait une augmentation de la TVA. « Je ne crois en rien à la hausse des prix dans un univers très concurrentiel. » Une hausse sensible politiquement qui n'entrera pas en vigueur avant le 1er octobre. Bien après les élections.Alexandre Sulzer