Le chef de l'Etat se pose en protecteur de la justice

— 

« La justice est totalement et complètement indépendante et j'ai veillé à ce qu'il en soit ainsi » a déclaré hier Nicolas Sarkozy, lors d'une allocution à la cour d'appel de Dijon. Répondant aux critiques socialistes sans citer nommément François Hollande, il a rappelé qu'il était le seul président de la République à ne pas présider le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). « Je suis le chef de l'Etat qui a mis un terme à soixante-cinq années de présidence de cette institution », a-t-il souligné, faisant valoir que « ceux qui se préoccupent tant de l'indépendance de la justice n'étaient pas choqués de voir le président de la République, quand il était l'un de leurs amis, présider le Conseil ». Allusion à peine voilée à François Mitterrand. A moins de 100 jours de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a également annoncé que toutes les nominations du parquet feront désormais l'objet d'un avis conforme – et plus seulement consultatif – du CSM. Une mesure que le candidat socialiste a lui aussi prévu d'instaurer s'il est élu. Enfin, le Président s'est félicité de la participation de jurés populaires en correctionnel, testée à Dijon et à Toulouse. Il a souhaité que le dispositif soit d'ailleurs généralisé avant la fin 2013.à Dijon, Florence Donjon