Une matinée de permanence à l'UMP

Alexandre Sulzer

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L'adjoint au maire Daniel Barois assure l'accueil au local UMP de Vanves (Hauts-de-Seine).
L'adjoint au maire Daniel Barois assure l'accueil au local UMP de Vanves (Hauts-de-Seine). —

Le local devait ouvrir à 10 h, comme tous les matins entre le 14 janvier et le 26 janvier, pour recevoir les adhérents appelés à se prononcer sur le projet présidentiel. Mais la permanence de l'UMP à Vanves (Hauts-de-Seine) ouvrira avec un bon quart d'heure de retard. C'est Daniel Barois, un adjoint au maire, qui s'y colle pour l'accueil.

« Demi-mesures »
En cinq jours, seule une vingtaine de personnes se sont déplacées. Les autres militants votent par Internet, explique Daniel. Lui-même s'est prononcé en faveur de la plupart des propositions. Laquelle le séduit le plus ? « La fermeté », répond celui qui n'est pas en mesure d'en citer une précisément. Et pas moyen de mettre la main sur le projet. «Je ne l'ai plus, on a dû tous les donner…»
« Le projet, oui, mais l'application, c'est autre chose…», met-il en garde. Il suffit de regarder le bilan de Nicolas Sarkozy. « On n'est pas allé assez loin, il y a eu des réformes tous azimuts, mais il s'agit plutôt de demi-mesures dans la santé, l'armée, la justice… » Les déçus pourraient-ils être tentés par le vote FN ? « Je pense que oui, répond Daniel. Mais dans quelles proportions, je ne peux pas vous dire… »
Entrent dans le local Patrice, retraité du bâtiment, qui a déjà voté en ligne. Lui se dit sensible à « la formation des jeunes », mais ne cite pas non plus une proposition en particulier qui l'aurait interpellé. « Il n'y a pas un mot dans le projet sur les retraites, regrette Patrice. J'ai 173 points et ma base est établie sur 165. Le reste part où ? Aux chômeurs, aux fainéants ? […] Il y a beaucoup de déçus qui risquent de partir au FN », poursuit-il. Mais il n'en connaît pas personnellement.
« L'argent, faut savoir où aller le chercher. Et quand on voit Bettencourt, on sait où. Quand on dit que Sarko est le président des riches, des fois, faut reconnaître que c'est dur de le défendre… » Mais il va bien falloir. L'UMP de Vanves est en ordre de marche pour coller les affiches, distribuer les tracts. « On va s'investir, assure Patrice. Mais bon, ça sera moins réjouissant qu'avant… » Il est 12 h, il quitte le local de Vanves. Personne n'est venu voter.