« Mes mesures chocs »

Recueilli par Alexandre Sulzer

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Le député de l'Essonne dans son bureau de l'Assemblée nationale.
Le député de l'Essonne dans son bureau de l'Assemblée nationale. —

Il prétend qu'il peut être au second tour de la présidentielle. Mais, le candidat de Debout la République ne décolle pas dans les sondages. Avant son premier meeting dimanche à Paris, il dévoile ses propositions à 20 Minutes.

Vous êtes à moins de 0,5 % dans notre dernier baromètre CSA. Pourquoi maintenez-vous votre candidature ?
Les sondages sont là pour empêcher les Français d'avoir le choix. C'est une manipulation de l'opinion. D'autant qu'il n'y aura pas tous les candidats sur la ligne de départ et que les Français ne savent pas encore que je propose des mesures chocs.
Lesquelles ?
Je suis candidat pour libérer la France de la tutelle des marchés financiers, du mondialisme, des banques. Je propose un « protectionnisme intelligent » : face à la concurrence déloyale sur le plan social et environnemental, il faut des taxes ciblées aux frontières qui permettront de relocaliser 1 million d'emplois en cinq ans.
Cela risque de faire exploser l'inflation…
Non, cela va inciter les entreprises à produire en France. Ce qui compensera la marge extravagante qu'elles se font en allant nourrir l'esclavage ailleurs. Par ailleurs, je souhaite que ce soit la Banque de France qui prête à l'Etat de l'argent à 0 % et non plus les marchés financiers qui demandent des taux d'intérêt toujours plus lourds. Ce qui évitera de se faire racketter par les banques. Enfin, je souhaite baisser de 50 % l'impôt sur les sociétés sur les bénéfices réinvestis en France pour les entreprises de moins de 500 salariés.
Vos propositions ressemblent

à celles de Marine Le Pen…
Non, moi, je ne propose pas d'augmenter le smic, je ne suis pas le père Noël ! Je pense que l'on peut sortir de l'euro sans aller vers les extrêmes. Mon projet de société n'a rien à voir avec elle.
Vous n'êtes pas opposé à des nationalisations…
Je suis pour la renationalisation des autoroutes et la suppression des péages sur vingt ans. Sous la royauté, on payait pour se déplacer en France. On a rétabli l'octroi au profit des groupes du BTP. Il n'y a aucune raison pour que se déplacer soit le privilège des riches. Il faudra d'ailleurs une enquête sur les conditions dans lesquelles l'Etat a été spolié lorsqu'il a vendu les autoroutes à bas prix. EDF et GDF, qui augmentent leurs tarifs pour rémunérer leurs actionnaires, doivent être regroupés et nationalisés. Il faut mettre à l'abri de la course au profit les centrales nucléaires qui, mal contrôlées, peuvent représenter un réel danger pour l'environnement.
Vous êtes devenu un antinucléaire ?
Non, mais la priorité absolue est de mieux contrôler les centrales. Il faut continuer la recherche car il vaut mieux une centrale de 4e génération qu'une centrale d'ancienne génération. Il faudra d'ailleurs à terme avoir le courage de fermer les centrales en zone sismique, notamment Fessenheim. Il faut enfin accélérer la recherche sur l'énergie solaire. Je propose que l'Etat réquisitionne Total pour affecter une partie des bénéfices à la recherche sur la transition énergétique.
Sur les questions « sociétales »,

quelle est votre priorité ?
L'Education. Il faut remplacer tous les départs de profs à la retraite, passer les heures d'enseignement du français en primaire de neuf heures à quinze heures. Il faut mettre fin au collège unique avec un examen en fin de 5e qui sanctionne les connaissances et permettrait à certains élèves d'intégrer des voies professionnelles. En matière de sécurité, il faut créer 20 000 places de prison en utilisant les casernes désaffectées et supprimer les remises de peine automatiques. Les condamnés doivent effectuer au moins les deux tiers de leur peine. Quant à la santé, il faut inciter les jeunes médecins à s'installer pendant cinq ans en zone rurale. Il faudra sans doute prendre une mesure coercitive en ce sens. Enfin, je propose la reconnaissance du vote blanc et souhaite rendre le vote obligatoire pour remettre dans le jeu politique les millions de Français qui en sont écartés à cause du bipartisme.