Clearstream, les enquêtes se multiplient

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Dans les détails, beaucoup de nouveautés, sur le fond, l'affaire n'a pas bougé. Après Nicolas Sarkozy la semaine dernière, Dominique Strauss-Kahn et Jean-Pierre Chevènement ont été entendus hier par les juges enquêtant sur le corbeau de Clearstream. Les deux anciens ministres ont exprimé leur qualité de « victime » dans le dossier, dont ils ont pu prendre plus ample connaissance. Ils avaient été désignés par le corbeau comme détenteurs de comptes occultes sur lesquels ils auraient perçu des rétrocommissions dans l'affaire des frégates. Des faits démentis par l'enquête du juge Van Ruymbeke.

Ce dernier a vu hier sa promotion à la cour d'appel de Paris ajournée par le ministère de la Justice. Le magistrat est mis en cause pour avoir rencontré secrètement le vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, le 30 avril 2004. Soupçonné d'avoir incité Gergorin à lui envoyer des lettres anonymes, il s'est expliqué à ce sujet avec le premier président de la cour d'appel hier. Selon Van Ruymbeke, si Gergorin est à l'origine de ces lettres, il en « a fait » seul le « choix ».

Par ailleurs, selon la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Imad Lahoud, désigné comme le possible corbeau, « n'a jamais été recruté ni rémunéré ni mandaté pour aucune mission en France ou à l'étranger », ce qui met encore un peu plus en doute les affirmations de l'informaticien sur son rôle dans l'affaire.

Enfin, deux juges d'instruction, Françoise Desset et Thomas Cassuto, ont été désignés hier pour enquêter sur d'éventuelles violations du secret de l'instruction dans ce dossier.

Arnaud Sagnard