Gandrange entre chômage reclassements et espoirs

Envoyé spécial à Gandrange, Matthieu Goar

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La stèle posée devant l'entreprise a été volée début janvier.
La stèle posée devant l'entreprise a été volée début janvier. —

De tous les carrefours, on ne voit qu'elle. A Gandrange (Moselle) impossible de rater l'aciérie ArcelorMittal dont la masse sombre domine la commune de 2 500 habitants. Faute de maintenance, l'usine devient une ruine. « Il paraît qu'ils vont la démanteler à partir de 2017, détaille Sylvain Ferri, chaudronnier, licencié à l'automne 2011. « A 54 ans, pas évident de se recaser », glisse-t-il à la sortie du Point emploi de la mairie de Gandrange, qui s'apprête à accueillir François Hollande, aujourd'hui, puis Jean-Luc Mélenchon, demain.

« Certains ont cru aux promesses »
Ici, le nom de Nicolas Sarkozy est sur toutes les lèvres. En février 2008, le Président avait promis que l'Etat investirait si ArcelorMittal réduisait la voilure. En avril 2008, Sarkozy n'évoque plus que des solutions de reclassement. « Certains ont cru aux promesses. Les syndicats disait d'attendre les actes », résume Jacky Mascelli, délégué CGT. Pour marquer le coup, les syndicats avaient posé devant l'entreprise une stèle. « Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008 », pouvait-on lire sur le marbre dérobé dans la nuit du 7 au 8 janvier dernier.
Sur les 575 salariés, 130 ont effectué un temps partiel avant de prendre leur retraite, une quinzaine a été licenciée pour avoir refusé les offres de reclassement et les autres ont été affectés sur le laminoir de Gandrange ou les sites de Florange (Luxembourg), moyennant souvent des baisses de salaire. Et, aujourd'hui, « ils connaissent le coup de bâton », résume Jacky Mascelli.
Depuis l'automne dernier, le site de Florange est en effet à l'arrêt. A Gandrange, « il y a encore 350 salariés. Il y a des solutions comme investir dans une aciérie électrique », conclut le délégué CGT qui cite aussi le projet Ulcos, une usine de traitement du CO2 dégagée par les hauts fourneaux. Pour cela, il faudrait 800 millions d'euros. Et que les hauts fourneaux se remettent à fonctionner.