Vent de folie chez Molière

Mélanie Carpentier

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François Morel (à dr.) rêvait d'incarner le Bourgeois gentilhomme.
François Morel (à dr.) rêvait d'incarner le Bourgeois gentilhomme. —

Sur l'affiche du Théâtre de la Porte Saint-Martin, François Morel, l'ancien Deschiens, arbore une mine réjouie. Il rêvait depuis longtemps d'incarner le célèbre Bourgeois gentilhomme. Sous la direction de Catherine Hiegel, au mileu de danseurs, chanteurs et comédiens, le voilà qui s'en donne à cœur joie dans la comédie-ballet de Molière et Lully.

Un tourbillon de plumes
Désireux d'apprendre ce que savent les gens de qualité, le riche bourgeois s'entoure de maîtres de musique, de danse, d'armes et de philosophie. Autant de flatteurs à qui il distribue sa fortune sans compter, sous le regard effaré de son épouse (Marie-Armelle Deguy). Scènes d'apprentissage désopilantes, billets doux et rendez-vous secrets, bagarres dignes d'un cartoon, manteau de philosophe semblable à celui d'un vendeur de montres à la sauvette : la mise en scène déborde de trouvailles pour dire le pouvoir de l'argent et l'imperméabilité des élites. Avec tendresse et humour, Morel brode un bourgeois tout en contradiction. Dans un tourbillon de plumes, de froufrous, dentelles et rubans, lui et sa troupe s'emparent du texte de Molière, de sa vivacité et de sa justesse, sans jamais sombrer dans la lourde farce.

Pratique

De 26 à 56 €. Jusqu'au 27 mai au Théâtre de la Porte Saint-Martin, 10e. Tél. : 01 42 08 00 32.