François Hollande à la rencontre des outre-amers

envoyée spéciale aux antilles, Maud Pierron

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Le candidat socialiste François Hollande, à Basse-Terre, samedi.
Le candidat socialiste François Hollande, à Basse-Terre, samedi. —

«Ici, c'est pleinement la France », clame François Hollande à son arrivée à Pointe-à-Pitre, samedi. Pourtant, « ici », les maux de la crise sont « pires » qu'en métropole : chômage des jeunes au-dessus de 55 %, difficultés d'accès au logement, vie chère, manque de services publics… Et il ne faut surtout pas donner « d'images de l'impression d'un moment de détente », alors que « la France est morose ». Ce ne sont donc pas les Antilles de carte postale que le candidat socialiste est venu visiter pendant trois jours, mais bien ces territoires en souffrance.

« Une inquiétude

plus forte qu'ailleurs »
Le comité d'accueil, à Point-à-Pitre, est au diapason : pas de réception festive et colorée comme pour Ségolène Royal en 2007, mais des militants mobilisés pour « le changement radical dont les DOM ont besoin », explique Claudie.
Que ce soit lors des rencontres avec des responsables de la gauche locale ou avec des associations de jeunes, ce sont toujours les mêmes doléances: les DOM sont des « oubliés » de la République. A chaque fois, Hollande prend des notes, écoute cette « inquiétude plus forte qu'ailleurs ». Et avant de dérouler ses propositions, lance toujours le même avertissement : « Je ne suis pas là pour faire des promesses que je ne peux pas tenir. »
Un message conforme à la « gravité » à laquelle le candidat s'astreint, surtout depuis que la France a perdu « son triple A ». Il égraine alors ses propositions : la banque publique d'investissement pour financer l'économie, « des contrats aidés spécifiques pour les jeunes » ultra-marins, la lutte contre les « cartels » de la distribution qui font bondir les prix, le rattachement du ministère de l'Outre-mer à Matignon. « Son devoir, c'est de rendre la confiance aux gens. On n'attend pas un magicien, qui s'occupe de tout, glisse la députée de Guyane, Christiane Taubira. On attend un homme politique qui écoute. »