Les experts anonymes du FN

Anne-Laëtitia Béraud
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   Le chiffrage du programme économique de Marine Le Pen est dévoilé ce matin. Les grands axes de campagne de la candidate frontiste à la présidentielle sont la sortie de l'euro, un protectionnisme économique et le rétablissement de droits de douane, la mise en place d'une préférence nationale ou encore la lutte contre la fraude. 

 Travail de l'ombre
Mardi soir, un petit groupe effectuait un ultime travail de « vérification », d'« un plan budgétaire à cinq ans et d'un plan de désendettement à quinze ans », explique à 20 Minutes Jean-Richard Sulzer, conseiller « économie » de l'équipe de campagne. Mais pour connaître les cerveaux qui ont élaboré, depuis parfois plusieurs années, le programme économique de Marine Le Pen, la chose devient plus compliquée. Le parti a fait appel à « un panel d'experts » qui travaille dans de grandes administrations, précise Jean-Richard Sulzer. Ce groupe de têtes pensantes reste largement anonyme : « Nous comptons sur les analyses d'un fonctionnaire à Bercy, d'administrateurs à l'Assemblée, d'une personne à la Commission, de Nicolas Pavillon (pseudonyme d'un économiste), de l'expert-comptable Nicolas Crochet. »
  Pourquoi cet anonymat ? « Si on publiait leur nom, on les foutrait dehors, assure le conseiller frontiste. Cette discrétion n'est pas spécifique au Front et les hauts fonctionnaires sont soumis au devoir de réserve. »
  En avril dernier, Marine Le Pen avait convié une vingtaine de journalistes à un petit déjeuner de travail afin de présenter ses grandes orientations économiques. A cette réunion, elle avait cité comme référents plusieurs économistes éminents, dont Jacques Sapir, connu pour ses positions d'extrême gauche, Norman Palma, promoteur d'un retour à l'étalon-or, Jean-Luc Greau, un ancien expert du Medef favorable à un protectionnisme européen, l'élu du Nouveau Centre Christian Saint-Etienne, Alain Cotta, pourfendeur de l'euro, ou encore l'ancien Prix Nobel d'économie Maurice Allais, (décédé en 2010), connu pour ses positions protectionnistes. « Nous avons des convergences avec ces économistes, mais nous n'avons pas fait appel à eux pour travailler », précise toutefois Jean-Richard Sulzer. 

Programme

Dans son programme, le FN propose de ramener la durée de cotisation pour les retraites de quarante-deux à quarante ans. Elle souhaite aussi augmenter de « 200 € net » les salaires allant jusqu'à 1,4 fois le smic.