Retour sur un cafouillage

Maud Pierron

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Manuel Valls, le dircom de Hollande.
Manuel Valls, le dircom de Hollande. —

Un couac qui pourrait faire mal. Hier, l'équipe de François Hollande s'est emmêlé les pinceaux sur le quotient familial. Récit de cette folle journée.

Une mèche allumée dans Les Echos. « Suppression du quotient familial : le projet du PS coûterait cher aux ménages aisés. » C'est le titre des Echos, qui explique que François Hollande souhaite remplacer un avantage fiscal par un crédit d'impôt. « Aujourd'hui, un enfant de riches apporte une baisse d'impôt beaucoup plus importante qu'une enfant de pauvres. Est-ce normal ? Non », déclare Michel Sapin, conseiller de François Hollande pour les affaires économiques, qui rectifie ensuite via l'AFP : c'est « une des options » du candidat.
Manuel Valls embraye... Patatras, sur RMC, Manuel Valls, directeur de la com, met les pieds dans le plat : « Oui », le quotient familial sera supprimé dans le cadre de la grande réforme fiscale.
... mais au même moment. Sur Europe 1, Michel Sapin ne s'est apparemment pas concerté avec Manuel Valls et confirme que la suppression du quotient familial reste « une piste ».
Après les vœux de Martine Aubry. Michel Sapin s'éclipse tandis que Manuel Valls répond à quelques journalistes. La question du quotient familial fuse. « Est-ce une bourde ? », lui demande-t-on. « Mais bien sûr », répond-il sur le ton de la plaisanterie. Quand les journalistes réclament des détails pour comprendre la position du « candidat », il esquive.
Sarkozy, sniper en chef. Lors de ses vœux « à la France solidaire », Nicolas Sarkozy tacle la proposition de François Hollande aux « conséquences dramatiques ». Toute la journée, les boyards de l'UMP surenchérissent.
Un message supprimé sur Twitter. François Hollande décide de réagir et il choisit son compte Twitter. Mais ce n'est pas le candidat qui tient son compte et, parfois, on se dit qu'il devrait. « Est-il normal qu'un enfant issu d'un ménage favorisé bénéficie d'un avantage important par rapport à un enfant de classe aisée? #FH2012», peut-on lire peu avant 16 h, avant que ce message incompréhensible ne soit supprimé.
Hollande rectifie en personne. A quelques journalistes, il précise : il ne veut « pas supprimer le quotient familial », mais « le moduler ». Il promet qu'il « n'enlèverait pas un euro à la politique familiale », démentant son directeur de la communication.