Le ministre s'envoie des satisfecit

Alexandre Sulzer

— 

Hier, Claude Guéant s'est fixé pour objectif d'atteindre 35 000 reconduites en 2012 .
Hier, Claude Guéant s'est fixé pour objectif d'atteindre 35 000 reconduites en 2012 . —

Il est fier de son action et entend bien le rappeler. La présentation rituelle, hier, du bilan annuel de la politique migratoire a été l'occasion pour Claude Guéant de sortir de son rôle de ministre de l'Intérieur pour enfiler ses anciens habits de directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. S'il semble acquis qu'il n'occupera pas cette fonction en 2012, il a estimé que l'immigration tiendra une « place particulière » dans la campagne. Certes, « l'emploi, le pouvoir d'achat deviennent les premières préoccupations ». « Mais je vous assure que l'immigration est une préoccupation de nos concitoyens. Dans les semaines qui viennent, le ministre de l'Intérieur que je suis soulignera les différences d'approche entre les différents partis » sur cette thématique.

Le PS accusé de vouloir régulariser massivement
A commencer par l'immigration illégale. « Personne ne peut se satisfaire de cette situation où un parti de gouvernement comme le Parti socialiste continue de fonder son projet sur les régularisations massives. » Attaque contre le PS également sur l'immigration légale. La « perte de contrôle » sur les titres de séjour « remonte aux décisions de régularisations massives prises entre 1997 et 2002 par le gouvernement de Lionel Jospin ». « Contrairement à ce qu'affirme [le PS], le nombre de titres de séjour [190 000] n'est pas supérieur à celui enregistré lorsque la gauche était au pouvoir [207 000]. » Malgré l'élection, Claude Guéant s'est fixé des objectifs : atteindre 35 000 reconduites à la frontière en 2012 et abaisser à 150 000 le nombre de titres de séjour. Cette politique s'accompagnerait d'un débat annuel au Parlement sur les objectifs d'accueil.
Autres innovations annoncées : subordonner le rapprochement familial au respect de « conditions minimales » comme « le logement, la stabilité de revenu et la pratique de notre langue ». En cas de manque d'assiduité aux programmes d'intégration, les migrants pourraient se voir imposer un contrat de responsabilité parentale par les préfets, dont l'une des conséquences pourrait être la suspension des prestations familiales. Des mesures que l'on pourrait retrouver dans le programme du candidat de la droite.