Les ténors sur le pont

Maud Pierron

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Martine Aubry devrait attaquer le Président lors de ses vœux ce matin.
Martine Aubry devrait attaquer le Président lors de ses vœux ce matin. —

Il reste à peine plus de cent jours pour convaincre les électeurs. Et François Hollande compte bien mobiliser tous les ténors pour battre la campagne. « Il va falloir se démultiplier. François veut que tout le monde trouve sa place dans la campagne et y prenne plaisir », explique Bruno Le Roux, porte-parole du candidat. Hollande a déjà enrôlé Manuel Valls pour diriger d'une main de fer sa communication. Il compte sur ses camarades pour porter la bonne parole et répondre aux demandes sur le terrain. Tout en affichant l'unité chère aux militants.
Ce matin, Martine Aubry, qui présente ses vœux, devrait attaquer Nicolas Sarkozy. La semaine prochaine, elle accompagnera François Hollande pour un déplacement, ô combien symbolique, à Gandrange, terre des promesses présidentielles non tenues. « Sage actif », Laurent Fabius était aux côtés de François Hollande la semaine dernière sur le site de Pétroplus, à Rouen. « Le candidat » l'a chargé de deux missions : travailler sur la première année de mandat et le représenter à l'étranger. « Ils se voient souvent » sur ces deux points, avance Guillaume Bachelay, le secrétaire à l'Industrie du parti.
Les contacts sont aussi « réguliers et directs » avec Arnaud Montebourg, dont le rôle devrait s'épaissir au fur et à mesure que « son » thème – la réindustrialisation – fait l'actualité. «Monsieur 17 % » aux primaires a déjà prévu deux déplacements en Ardèche et en Gironde d'ici à la fin janvier. Ségolène Royal, de retour de Dakar, pourrait remplacer le candidat dans certains déplacements, notamment en Polynésie. Son équipe va rencontrer celle de François Hollande pour caler ses interventions, notamment auprès des « jeunes » et des « quartiers populaires » qu'elle est « capable de mobiliser », explique un de ses proches. Un ou plusieurs meetings communs avec Hollande ne sont pas à exclure. Bertrand Delanoë a donné quant à lui le coup d'envoi de la campagne francilienne le week-end dernier à Paris. Avec « un défi » : que Hollande soit « majoritaire dans la capitale au second tour », ce qu'aucun socialiste n'a réussi lors d'une présidentielle. Comme les autres ténors, l'édile parisien fait partie du « conseil politique restreint », qui dépend directement de François Hollande. Pour l'instant, il ne s'est réuni qu'une fois, à la mi-décembre. C'est toujours mieux que celui qui devait accompagner Ségolène Royal en 2007, et qui ne s'était jamais réuni.