Un crédit d'impôt pour aider la politique familiale ?

Matthieu goar

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Michel Sapin est responsable du programme socialiste.
Michel Sapin est responsable du programme socialiste. —

Jour après jour, l'équipe de campagne du PS dévoile quelques idées du programme du candidat. Hier matin, Michel Sapin a révélé au quotidien Les Echos que François Hollande voulait modifier les aides fiscales liées à la natalité en supprimant le quotient familial (lire encadré). « Aujourd'hui, un enfant de riche apporte une baisse d'impôt beaucoup plus importante qu'un enfant de pauvre. Est-ce normal ? Non », a expliqué Michel Sapin au quotidien économique.

« Néfaste pour les familles »,

selon l'UMP
Actuellement, le quotient familial offre un avantage fiscal croissant, en fonction du nombre d'enfants, mais aussi en fonction des revenus du foyer. L'idée de Hollande est de remplacer ce système de déduction fiscale par un crédit d'impôt par enfant qui bénéficierait à tous les parents de façon égalitaire, même aux foyers non imposables. Dans ce cas, les foyers les plus riches (qui gagnent plus de trois smics, soit 4 200 € brut par mois) verraient leur ressource diminuer, tandis que 5 millions de personnes accéderaient dorénavant à une aide, selon un rapport du Trésor analysé par Les Echos. L'UMP a aussitôt réagi à cette idée qui « traduit le souhait de reléguer la politique familiale à un simple traitement social », selon un communiqué de Camille Bedin, secrétaire nationale de l'UMP en charge de l'égalité des chances. « Par cette proposition néfaste pour les familles – notamment nombreuses –, le PS ne fait qu'augmenter les charges pesant sur les classes moyennes. »

Une idée de 1948

Le quotient familial, créé en 1945 et qui « coûte » 10 milliards d'euros, est un système qui calcule les déductions fiscales suivant le nombre d'enfants et les revenus. Plus une famille a d'enfants et gagne bien sa vie, plus les aides sont importantes.