Reflets intimes de l'Amérique dans un œil sauvage

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L'actrice Barbara Baxley.
L'actrice Barbara Baxley. —

Cosigné en 1960 par Joseph Strick, rebelle notoire au système hollywoodien, The Savage Eye* est une perle rare. Projeté à Tourcoing dans le cadre d'une « carte blanche » à la réalisatrice Françoise Romand, ce moyen-métrage oublié rappelle avec brio qu'un autre cinéma américain est possible, loin de l'industrie du divertissement.
Sur les pas d'une jeune femme solitaire, la caméra arpente Los Angeles, de bar de nuit en hôpital en passant par un salon de coiffure, une salle de catch et une église évangélique. L'héroïne dialogue avec une étrange voix off, qui se présente comme « son double, son ange ». Aussi tendu qu'un film noir, porté par une BO magique, The Savage Eye est une méditation poétique sur l'Amérique à l'apogée de sa puissance, pétrie de violence et d'inquiétude.A. P.