Fonctionner à vingt-cinq sans Constitution

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Quel avenir pour l'Europe ? Depuis le « non » français à la Constitution suivi du « non » hollandais, plus personne n'ose poser la question. Pourtant, avec vingt-cinq membres et autant de susceptibilités, l'efficacité de l'Union est en question. Alors que tire à sa fin la « pause de réflexion » d'un an, décidée en juin 2005 par les chefs d'Etat et de gouvernement, la Commission doit présenter demain ses propositions sur le sujet. Elles serviront de base à la réunion des ministres des Affaires étrangères, fin mai, et au Conseil européen de juin.

Consciente que la « pause » est en partie due à son rejet de la Constitution, Paris a participé activement à la réflexion en rendant sa propre contribution au débat, fin avril. Elle propose notamment de « faciliter la prise de décision en particulier pour prévenir et lutter contre le terrorisme et la criminalité organisée », a expliqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Mattéi. Le but est que les propositions françaises soient au menu du prochain sommet européen, en juin. La recherche d'aménagements des traités existants prouve qu'il est trop tôt pour lancer le débat sur le sort de la Constitution. Aussi délicate soit-elle, la question devra être abordée. Si certains, tel le Royaume-Uni, ont décidé de suspendre le processus de ratification, d'autres le mènent à bien, comme l'Estonie aujourd'hui. Quatorze pays ont déjà dit « oui ». Si, au final, Paris et La Haye sont les seuls pays ayant dit « non », se posera alors la question de faire revoter le texte.

C. L.