Des patrons votent pour l'immigration choisie

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Avec 2,3 millions de chômeurs, la France a-t-elle réellement besoin de faire venir des travailleurs immigrés ? Oui, répondent le Centre d'analyse stratégique (ex-commissariat général du Plan) et le mouvement patronal Ethic. Ils rejoignent ainsi le concept d'immigration « choisie » défendu par le projet de loi sur l'immigration. L'idée soutenue par Nicolas Sarkozy est d'ouvrir les portes du pays aux travailleurs étrangers, qu'ils soient qualifiés ou non, et d'en restreindre l'accès aux étrangers qui viendraient pour «motifs familiaux ou politiques».

« Le recours à l'immigration peut être une solution transitoire pour les secteurs qui souffrent d'une pénurie de main-d'oeuvre », affirme le Centre d'analyse stratégique, une institution gouvernementale. Il s'agirait donc de faire venir des sages-femmes, des bouchers, des boulangers, des techniciens, mais aussi des ouvriers du bâtiment, un secteur qui reste tous les ans avec près de quarante mille postes vacants. Des métiers souvent saisonniers, pénibles ou mal payés. «Et ils seront de moins en moins bien payés, car la concurrence entre les étrangers provoquera un alignement des salaires par le bas », prévoit le syndicat des métiers de l'encadrement. Mais pour Sophie de Menton (Ethic), « il faut donner du travail à ceux qui en veulent. Et puis, l'emploi crée l'emploi. » Reste un problème, et de taille : 6,5 millions d'emplois sont interdits aux étrangers, qui ne peuvent être ni postiers, ni agents SNCF, ni débitants de tabac. Fin 2005, le commissariat général du Plan demandait justement d'ouvrir ces professions. Mais le rapport a été enterré.

Laure de Charette