Dix mille élèves sont menacés d'expulsion

©2006 20 minutes

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Une polémique sur le temps de présence des enseignants devant les élèves vient d'être relancée avec un rapport sur les décharges de cours, qui chiffre le coût de cette pratique à 1,65 milliard d'euros par an, soit l'équivalent de 12.000 postes à temps plein.
Une polémique sur le temps de présence des enseignants devant les élèves vient d'être relancée avec un rapport sur les décharges de cours, qui chiffre le coût de cette pratique à 1,65 milliard d'euros par an, soit l'équivalent de 12.000 postes à temps plein. —

Des milliers de jeunes sont en sursis. Dans le cadre de son projet de loi sur « l'immigration choisie », adopté le 17 mai à l'Assemblée nationale, Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de doubler le nombre d'expulsions effectives d'étrangers en situation irrégulière en 2006. L'objectif qu'il qualifie lui-même d'«ambitieux»  est de reconduire à la frontière cette année vingt-six mille étrangers sans papiers. Mais face à la grogne qui a envahi les écoles, où sont scolarisés plus de dix mille enfants sans papiers, le 31 octobre 2005, il a envoyé une circulaire qui demande aux préfets d'éviter d'expulser les parents d'élèves, pour ne pas interrompre la scolarité de leurs enfants. En d'autres termes, le jour des grandes vacances le sursis tombera. Et parents et enfants pourront alors être expulsés. « La pression augmente pour ces jeunes qui n'ont pas eu la chance d'avoir les bons papiers. La police va profiter de l'été pour remplir la mission crapuleuse qui lui a été confiée », s'insurge Richard Moyon, porte-parole du Réseau éducation sans frontières*.

Pour éviter que les parents ne soient reconduits à la frontière, avec leurs enfants ou que certaines familles décident de confier leur progéniture à la Ddass, ce qui est déjà arrivé, le collectif a lancé le 27 avril une pétition intitulée « Nous les prenons sous notre protection ». «Parce que ces gosses, c'est une richesse. Si on les renvoie dans leur pays, ils seront deux fois immigrés. Et de toute façon, ils tenteront de revenir », poursuit le porte-parole du réseau. Près de quatorze mille personnes, dont Jack Lang et d'autres personnalités politiques ou syndicales, se sont engagées à «parrainer, protéger et même héberger» les jeunes et leurs familles sans papiers menacés d'expulsion. Quitte à enfreindre la loi. En effet, quiconque cache un sans-papiers risque cinq ans de prison et 30 000 euros d'amende.

Laure de Charette

*Ecoliers, vos papiers de Anne Gintzburger avec Réseau éducation sans frontières, éd. Flammarion.

Le projet de loi sur l'immigration prévoit de limiter davantage le droit au séjour pour les familles et les jeunes : il faudra être entré en France avant l'âge de 10 ans, contre 13 ans auparavant, pour espérer obtenir un titre de séjour.