Electricité : les atomes crochus de la France

©2006 20 minutes

— 

L'autre exception française. Alors que plusieurs pays de l'UE ont choisi de réduire ou d'abandonner l'énergie nucléaire, la France, elle, persévère. Avec 59 réacteurs en service – le premier date de 1956 –, elle est le pays industrialisé dont la production d'électricité d'origine nucléaire est la plus forte (78 %). Et Paris doit encore accueillir en 2020, le réacteur EPR « 4e génération du nucléaire », le deuxième au monde après celui acquis par la Finlande.

La politique nucléaire fait peu débat dans le pays. Ce week-end encore, le PS et l'UDF, qui élaboraient les pistes environnementales de leurs projets pour la présidentielle 2007, ont soutenu l'atome. François Hollande, le patron socialiste, s'est déclaré « pour le nucléaire mais en réduisant sa part », et François Bayrou, représentant les centristes, a jugé que c'est « la seule filière de production énergétique sans émission de gaz à effet de serre ». Récemment encore, les députés ont voté à une lourde majorité le projet de loi sur la gestion des déchets nucléaires, qui vise à créer un site de stockage souterrain d'ici à 2025.Seuls les écologistes vont à contresens. Concernant l'enfouissement des déchets, Greenpeace refuse que « la terre serve de poubelle ». Et le 15 avril, 30 000 personnes ont manifesté à Cherbourg (Manche) contre l'implantation de l'EPR au bourg voisin de Flamanville, en réclamant « une autre politique énergétique ». D'après le réseau Sortir du nucléaire, à l'origine du rassemblement, « cette mobilisation montre la volonté de la population de développer les énergies renouvelables ». « Le seul avenir », souligne Yann Wehrling, le leader des Verts.

Bastien Bonnefous