Toddla T a construit un pont de vibrations entre deux îles

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A travers Toddla T, c'est l'influence de la Jamaïque sur la musique anglaise qui exulte. « Le reggae et le dance hall ont toujours existé au seuil de l'Angleterre. » Natif de l'ancienne ville industrielle de Sheffield, Tom Bell se passionne tôt pour le clubbing, la house et le hip-hop et se fait connaître dans les night-clubs et par ses remixes. Pour son second album Watch Me Dance, il est allé enregistrer « aux origines », en Jamaïque, où il s'est rendu pour la quatrième fois. « La musique est partout et pleine d'énergie. Les chansons plus pop y parlent aussi des sujets de société qui tiennent à cœur aux habitants ». Mais lui, ne veut pas s'embarrasser de message. « A la différence de certains rappeurs, je n'ai aucune légitimité à être le porte-parole de problèmes. »
Certes, Streets So Warm, coproduit par Skream, un héraut du

dubstep, « évoque la violence, les flics et les politiciens véreux en Jamaïque, mais cela reste positif ». Des rues chaudes, qui s'embrasent… Cela rappelle quoi à cet habitant de Londres ? « Les émeutes, c'était effrayant, mais ça ne m'a pas surpris. Les relations entre les classes populaires et la société sont mauvaises. J'espère que cela va changer. »J. M.