Edvard Munch ne crie plus

— 

Un peintre moderne, Edvard Munch ? C'est ce qu'affirme le Centre Pompidou en proposant depuis hier « une nouvelle approche de l'œuvre de l'artiste norvégien à travers un ensemble de 140 œuvres comme il a rarement été possible d'en voir en France ». La plupart datent du XXè siècle. Ses toiles les plus connues, Le Cri (1893) et les Madone (1894-1895), en sont exclues.

Parti pris de modernité
« Munch a peint les trois quarts de ses œuvres après 1900, justifient les commissaires Angela Lampe et Clément Chéroux. Et il est mort en 1944, comme Kandinsky et Mondrian. » L'exposition rappelle d'abord le goût de l'artiste pour la reproduction des mêmes motifs : La Puberté, toile de 1894 revue et corrigée jusqu'en 1916, L'Enfant malade, de 1896 à 1925. Munch le faisait déjà avant…
Passons. La modernité est plutôt dans la démarche : il s'intéressait à la photographie et au cinéma, comme en témoigne Les Travailleurs sur le chemin du retour (1913-1914), qui évoque le premier film des frères Lumière. Et à l'abstraction, dès 1910, quand il tente de mettre en peinture ses troubles de la vision. Même s'il déroute, le parti pris de modernité de l'expo permet quand même de découvrir des toiles superbes. Comme Autoportrait entre l'horloge et le lit (1940-1943), où le peintre projette avant l'heure l'image de sa mort toute proche.Stéphane Leblanc