« un pinceau pensant »

Amalia Casado

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Pour Gérard Garouste, la figuration permet « d'être dans le sujet ».
Pour Gérard Garouste, la figuration permet « d'être dans le sujet ». —

Une trentaine de toiles et trois statues de bronze, entre rêve et cauchemar, sous le titre « Songe d'une nuit de Walpurgis ». Le peintre Gérard Garouste expose une série de figures démoniaques et hallucinantes inspirées du Faust de Goethe, l'homme qui signa un pacte avec le diable.

Pourquoi avoir choisi Faust ?
Son univers de conte de fées me plaît beaucoup. Les sorcières, les formules magiques m'inspirent. Mais ce texte sur la quête et la peur de la connaissance tient à la fois du mythe et de l'actualité.
L'actualité ? Quel rapport ?
Notre société va droit dans le mur et l'élection présidentielle n'y changera rien, car nous n'avons pas su nous souvenir des textes passés ou des cultures lointaines. Qu'avons-nous fait de cette sagesse ? C'est la question que soulève Faust, et elle est très actuelle.
Chez Goethe, Faust n'échoue-t-il pas à être un sage ?
C'est ce qui est intéressant. Le Docteur Faustus a vraiment existé, En vieillissant, ce médecin reconnu est tombé dans le piège de notre civilisation, l'idolâtrie, c'est-à-dire le fait de croire en des valeurs matérielles. Mais la richesse n'est véritable que lorsqu'elle est partagée.

Vous vous démarquez de

la création contemporaine par votre fidélité à la figuration…
L'avantage de la figuration est qu'elle invite à l'interprétation, à la compréhension du sens. L'abstraction appelle l'émotion, le ressenti. Je me méfie de la beauté qui rend le spectateur passif. Moi qui aime les mythes, je cherche à être d'emblée dans le sujet. La peinture n'est qu'un outil, au même titre que moi-même. Je suis un pinceau pensant.

Pratique

Entrée libre. Jusqu'au 29 octobreà la galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg (3e). Tél. : 01 42 72 14 10.