La mémoire disparaît

Amalia Casado

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Une accumulation de CD conçue comme une décharge colossale.
Une accumulation de CD conçue comme une décharge colossale. —

Soixante-dix mille CD rassemblés au nom de l'art. Les deux jeunes artistes Elise Morin et Clémence Eliards cosignent le vaste tapis argenté installé depuis le début de l'été au Centquatre. L'œuvre s'intitule Waste Landscape (paysage de déchets).

Flaques d'écailles
Drôle de nom, peu romantique. Les six flaques d'écailles vallonnées, qui s'étalent sur 600 m2, sont élaborées à partir d'un matériau déchu, des CD récupérés – invendus d'Universal ou vieux disques collectés – cousus à la main. Le résultat, clinquant, rappelle que le support de mémoire emblématique des années 1980 est bon pour le musée. Cet objet du quotidien est ici tissé pour un résultat spectaculaire, « qui peut faire penser aux décharges colossales en Inde, en Afrique ou au Brésil, des paysages avec lesquels il faut aujourd'hui composer », raconte Elise Morin. Appelés à voyager à travers le monde, les CD de Waste Landscape finiront leur vie chez IPM, qui les recyclera proprement avec une technique d'aimantation non commercialisée car non rentable. Amusant que ces objets en voie d'extinction gisent jusqu'à la semaine prochaine au milieu des anciennes Pompes funèbres de la capitale.

Pratique

Entrée libre. Jusqu'au 14 septembre dans la Halle d'Aubervilliers, 19e. www.104.fr.