Le malaise enchanté

Stéphane Leblanc

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L'opéra-bouffe, c'est aussi « de la grande musique ».
L'opéra-bouffe, c'est aussi « de la grande musique ». —

Jean-Michel Ribes n'attaque pas directement Nicolas Sarkozy. « Je n'utilise même pas son nom », prévient le metteur en scène. Son héros s'appelle René, court en jogging sur le plateau, se lève tôt et va de l'avant. Il porte aussi des talonnettes et tombe amoureux d'une dénommée Bella Donna.

Un malaise
Mais pas de réplique directe dans René l'énervé, à partir de ce soir sur la scène du Rond-Point. Même pas un petit « Casse-toi pauv' con ». « Tout est réinventé », précise Ribes. Même si chacun reconnaîtra les siens, les « amis de la finance », le « ministre de la carotte et du bâton » ou l'opposition, « cette belle endormie qui cherche la solution le nez dans l'édredon ». « Cette pièce est une bouffonnerie, prévient Jean-Michel Ribes. Elle répond à un malaise que je ressens et j'entends rompre avec la dépoétisation de la société en œuvre depuis quatre ans en offrant un divertissement en forme de ras-le-bol en chantant. » Pour lui, l'opéra-bouffe, tel qu'Offenbach l'a inventé, est « un genre très excitant », mais c'est aussi « de la grande musique, avec une écriture opératique » et 21 chanteurs lyriques qui s'emparent de rimes qui font rire.

Pratique

De 10 à 34 €. Jusqu'au 29 octobre au Rond-point, 8e. Tél. : 01 44 95 98 21.www.theatredurondpoint.fr